Autriche, Serbie et Hongrie s’allient contre « l’asile à la carte »

Le chancelier autrichien Karl Nehammer veut empêcher les demandeurs d’asile de choisir les pays dans lesquels ils demandent l’asile et forme une alliance avec la Serbie et la Hongrie à cette fin.

EURACTIV Allemagne
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Le système d’asile de l’UE a échoué, a déclaré M. Nehammer à la presse après un sommet réunissant les trois pays à Vienne mercredi, flanqué du Hongrois Viktor Orban et du Serbe Aleksandr Vucic. [[EPA-EFE/MAX BRUCKER]]

Le chancelier autrichien Karl Nehammer veut empêcher les demandeurs d’asile de choisir les pays dans lesquels ils demandent l’asile et forme une alliance avec la Serbie et la Hongrie à cette fin.

Un protocole d’accord sur le refoulement des migrants illégaux loin des frontières extérieures de l’UE a été signé par les dirigeants de la Serbie, de la Hongrie et de l’Autriche mercredi (16 novembre).

Le protocole d’accord a été signé à Belgrade mercredi, alors que le président serbe Aleksandr Vucic rencontrait le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et le chancelier autrichien Karl Nehammer, rapporte Vreme.

Le système d’asile de l’UE a échoué, a déclaré M. Nehammer à la presse après un sommet réunissant les trois pays à Vienne mercredi, flanqué du Hongrois Viktor Orban et du Serbe Aleksandr Vucic.

« L’asile à la carte » devrait prendre fin et le « tourisme de l’asile » devrait être arrêté, a ajouté le chancelier allemand.

Lors du sommet, l’Autriche a signé un protocole d’accord avec la Serbie et la Hongrie, qui vise à renforcer la coopération entre les trois pays. L’objectif : lutter contre l’immigration clandestine, le terrorisme et le crime organisé. En outre, il est nécessaire de séparer clairement l’asile et la migration, peut-on lire dans l’accord.

Le nombre de demandeurs d’asile en Autriche a triplé par rapport à l’année dernière. Le parti conservateur autrichien ÖVP cherche à se positionner comme le détracteur de la migration et des réfugiés avant les élections de 2024, une approche qui l’a vu gagner pour la dernière fois en 2017.

Les personnes qui viennent pour des raisons économiques devraient être traitées différemment de celles qui cherchent une protection, a souligné Mme Nehammer.

M. Nehammer a qualifié le pacte de « partenariat contre la traite des êtres humains », bien que, selon Vreme, il s’agisse en réalité simplement d’arrêter les personnes qui cherchent à commencer une nouvelle vie au sein de l’UE.

M. Vucic a déclaré lors d’une conférence de presse conjointe après la signature que l’action, qui prévoit le déploiement d’une présence policière plus forte le long de la frontière sud de la Serbie avec la Macédoine du Nord, commencerait « avant la fin de l’année ».

Les trois pays espèrent envoyer un message fort à Bruxelles, a souligné M. Vucic.

Ni la Serbie ni la Hongrie ne sont trop populaires dans l’UE ces jours-ci, étant donné leur politique favorable à la Russie.

M. Orbán, pour sa part, a insisté sur le fait que l’immigration « doit être prévenue, et non gérée », ajoutant que « nous partageons notre destin avec la Serbie » et qu’il est essentiel de travailler ensemble dans cette « question de survie ».

Viktor Orbán a déclaré que 250 000 franchissements illégaux de la frontière ont été arrêtés en Hongrie cette année, « l’agressivité augmente, ils ne sont pas seulement armés, ils les utilisent », a rapporté Telex.

La Hongrie se trouve dans une situation particulièrement délicate car elle accueille à la fois des migrants illégaux en provenance de Serbie et des réfugiés d’Ukraine, et la seule façon d’y mettre fin « est de dire qu’il n’y a pas la possibilité de franchir nos frontières », a ajouté M. Orbán.

La Hongrie continue d’affirmer qu’elle est soumise à une pression accrue en raison des réfugiés fuyant la guerre depuis l’Ukraine voisine, mais les critiques soulignent que peu d’entre eux choisissent de rester en Hongrie, pays qui a continué à entretenir des liens économiques avec Moscou même après l’invasion russe.

Parmi les pays de la ligne de front, la Hongrie, avec seulement 31 989 enregistrements, est de loin celui qui a enregistré le moins de réfugiés en provenance d’Ukraine pour une protection temporaire, après la Roumanie, qui en compte 85 456.

Ce chiffre est également très inférieur à celui de nombreux autres pays européens, dont les pays baltes et nordiques, ainsi que des pays d’Europe occidentale, selon les dernières données du HCR, l’agence des Nations unies pour les réfugiés.

En Autriche, l’initiative a été largement moquée, puisque la Hongrie n’a reçu que 40 demandes d’asile à ce jour. L’Autriche en a reçu environ 100 000.

Il s’agit de la deuxième réunion des dirigeants en autant de mois, le premier sommet tripartite Hongrie-Autriche-Serbie s’était tenu à Budapest le 3 octobre, selon Telex.