Autriche : le Premier ministre réaffirme l’efficacité des barrières aux frontières

Les barrières sont essentielles pour protéger l’UE à ses frontières, a déclaré le chancelier autrichien Karl Nehammer dans une interview dimanche (18 décembre).

EURACTIV Allemagne
EU Council gathers for two-day session in Brussels
epa10254721 Austria's Chancellor Karl Nehammer speaks to the press at the start of a two-day EU Council in Brussels, Belgium, 20 October 2022. The Council will gather on 20-21 October to discuss the ongoing conflict in Ukraine, the energy crisis, economic issues and external relations. EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ [ EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Les barrières sont essentielles pour protéger l’UE à ses frontières, a déclaré le chancelier autrichien Karl Nehammer dans un entretien dimanche (18 décembre). Il a notamment évoqué le moment où les barrières situées à la frontière entre la Turquie et la Grèce ont permis aux autorités frontalières grecques de repousser l’entrée de migrants clandestins.

À l’approche d’importantes élections régionales en Basse-Autriche en février et de la présidence suédoise du Conseil de l’UE, assurée pendant six mois, l’Autriche accorde une importance capitale à la question des réfugiés. M. Nehammer a ainsi appelé à « lever les tabous » lors du dernier sommet des dirigeants européens de cette année, organisé la semaine dernière.

« Les barrières ont une fonction d’obstruction, et elles produisent un effet », a déclaré M. Nehammer au plus grand quotidien autrichien, Kronen Zeitung, dimanche. « Elles peuvent être utilisées pour canaliser l’immigration clandestine, la contrôler plus étroitement et ainsi empêcher les traversées illégales. Mais une barrière a aussi besoin de moyens de surveillance, de personnel et d’équipements techniques », a-t-il ajouté.

M. Nehammer a également souligné l’efficacité de la barrière frontalière entre la Turquie et la Grèce, qui a empêché des migrants clandestins d’entrer en Grèce, notamment après l’ouverture de la frontière avec la Grèce par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan en 2020. Celui-ci avait alors déclaré qu’il n’empêcherait plus les réfugiés et les migrants d’accéder à la frontière.

« Il y a eu un incident grave là où l’Autriche a soutenu la Grèce avec une unité de forces spéciales. Des migrants violents venant de Turquie ont essayé d’arracher la barrière, de traverser la frontière », a rappelé M. Nehammer. Il a également indiqué que la police des frontières avait réussi à repousser les migrants à l’aide de gaz lacrymogènes, en partie grâce à la présence de la barrière.

Les barrières sont nécessaires pour « soutenir des pays comme la Bulgarie, la Roumanie, la Serbie et la Hongrie, qui sont tous touchés par une forte pression migratoire, aux frontières », a-t-il insisté.

Évoquant les quotas de répartition des réfugiés à travers l’Europe, le dirigeant autrichien a déclaré qu’ils ne seraient possibles qu’une fois qu’une « protection fonctionnelle des frontières extérieures sera établie. »

L’Autriche, qui a enregistré l’entrée sur son territoire d’environ 100  000 réfugiés non ukrainiens depuis le début de l’année, fera probablement pression pour que la question soit abordée lors du sommet européen qui lui sera consacré en février.