Au Sénégal, Nicolas Sarkozy propose la création de « l’Eurafrique »

Lors d’une visite au Sénégal, le président français a appelé de ses vœux la création d’une grande alliance entre l’Europe et l’Afrique appelé «Eurafrique». Distinct de l’Union méditerranéenne évoquée par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne électorale, les contours de ce nouveau concept restent très flous.

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Lors d’une visite au Sénégal, le président français a appelé de ses vœux la création d’une grande alliance entre l’Europe et l’Afrique appelé «Eurafrique». Distinct de l’Union méditerranéenne évoquée par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne électorale, les contours de ce nouveau concept restent très flous.

En bref  :

Après l’Union méditerranéenne, Nicolas Sarkozy crée l’Eurafrique. Ce grand ensemble évoqué par le président français lors d’un discours prononcé à Dakar à l’université de Cheikh Anta Diop, jeudi 26 juillet, à l’occasion d’une visite officielle au Sénégal, aurait pour vocation de « préparer l’avènement de ce grand destin commun qui attend l’Europe et l’Afrique ». 

Lançant un appel à la jeunesse africaine, le chef de l’État a appelé à la mise en place « d’une alliance entre la jeunesse française et la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit meilleur ».

Ce nouvel ensemble serait-il le prolongement vers le sud de l’Union méditerranéenne (dont la Turquie ferait partie) évoquée pendant la campagne électorale par Nicolas Sarkozy? Difficile à dire. Si l’idée d’Eurafrique est lancée, le concept « reste à préciser », a déclaré la secrétaire d’État aux Droits de l’Homme, Rama Yade.  

« L’Eurafrique, c’est une solidarité européenne et africaine, c’est un projet d’espoir, un projet de société qui part d’une histoire commune », a-t-elle déclaré sur la radio Europe 1. Selon elle, « l’Europe et l’Afrique sont tellement proches, en termes de kilomètres, mais aussi de culture, que leurs destins sont liés ». La secrétaire d’État à toutefois précisé qu’il faudrait « franchir des décennies d’histoire pour arriver à constituer très rapidement ce projet ».

Nicolas Sarkozy, dont le discours devait à l’origine être consacré aux questions de développement, a invité les étudiants venus l’écouter à « dépasser les séquelles de la colonisation ».

Il ne s’agit pas de  » ressasser ensemble le passé, mais d’en tirer ensemble les leçons afin de regarder ensemble vers l’avenir », a poursuivi le chef de l’État. Avant d’ajouter que « la colonisation n’[était] pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique », qui a « sa part de responsabilité dans son propre malheur ».

Lors de la poursuite de sa visite, le vendredi 27 juillet au Gabon, Nicolas Sarkozy a ajouté que le terme de « pré-carré français » concernant le territoire des anciennes colonies françaises, était « anachronique ». L’Eurafrique remplacera-t-elle la Françafrique, la politique africaine menée par la France depuis 50 ans?

La visite en Libye de Nicolas Sarkozy, qui a précédé sa tournée africaine, a été vivement critiquée par l’Allemagne. « Se rendre en Libye le jour de la libération des infirmières bulgares pour annoncer [la signature d’un accord sur le nucléaire civil] , sans en avoir informé son partenaire le plus proche, est un style que je n’estime pas », avait sévèrement lancé la vice-présidente du groupe parlementaire SPD, Angelica Schwall-Düren. Les déclarations du président français sur l’avenir de la décolonisation n’ont, de leur côté, pas manqué de susciter des réactions hostiles de la part des voisins africains du Sénégal.