Au programme pour l’agroalimentaire : lobbying sur l’étiquetage, validation des plans stratégiques nationaux et absorptions carbone

Entre la validation tant attendue des plans stratégiques nationaux de la Politique agricole commune (PAC) et les préoccupations relatives aux engrais et au fourrage, cet automne promet d’être chargé pour le secteur agricole de l’UE.

/ EURACTIV.com
This article is part of our special report "L’UE se prépare à affronter l’hiver"
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Ce n’est un secret pour personne, la guerre en Ukraine a provoqué d’importantes perturbations dans le secteur agroalimentaire mondial : flambée des prix des denrées alimentaires, blocus commerciaux, hausse des coûts des engrais... [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/farmer-rubber-boots-standing-field-cultivated-662344819" target="_blank" rel="noopener">[SHUTTERSTOCK]</a>]

Entre la validation tant attendue des plans stratégiques nationaux de la Politique agricole commune (PAC) et les préoccupations relatives aux engrais et au fourrage, cet automne promet d’être chargé pour le secteur agricole de l’UE. Nos journalistes agriculture se penchent sur les principaux dossiers à suivre au cours des prochains mois.

Plans stratégiques nationaux

Un premier groupe de plans stratégiques nationaux des États membres élaborés dans le cadre de la Politique agricole commune a été validé mercredi (31 août).

L’objectif de ces plans est de permettre aux États membres d’établir un plan d’action adapté à leurs besoins pour atteindre les neuf objectifs de la nouvelle réforme de la PAC. Cependant, la guerre en Ukraine a bouleversé le processus de conception et de validation des plans, qui avaient été soumis à la Commission avant le début de l’invasion russe le 24 février.

Les sept États membres en tête de file sont le Danemark, la Finlande, la France, l’Irlande, la Pologne, le Portugal et l’Espagne, mais d’autres les suivent de près. L’exécutif européen maintient que tous les plans seront adoptés à temps pour le début de la période de mise en œuvre de la PAC, à savoir le 1er janvier 2023.

La guerre en Ukraine

Ce n’est un secret pour personne, la guerre en Ukraine a provoqué d’importantes perturbations dans le secteur agroalimentaire mondial : flambée des prix des denrées alimentaires, blocus commerciaux, hausse des coûts des engrais…

En juillet, un accord a été conclu entre l’Ukraine et la Russie, avec la médiation de la Turquie, pour faciliter la livraison sécurisée des céréales ukrainiennes dans le reste du monde, ce qui a permis la reprise des exportations en mer Noire.

Cet accord, associé à diverses politiques visant à accroître la production agricole, a contribué à alléger la pression sur le système alimentaire mondial, entraînant une baisse des prix des denrées alimentaires.

Cependant, malgré cela, l’accessibilité des aliments reste un problème à cause des prévisions inquiétantes pour la prochaine saison des semailles en Ukraine.

Cela signifie que les préoccupations relatives à la sécurité alimentaire continueront de se concentrer principalement sur les pays vulnérables du Moyen-Orient et de l’Afrique, cette dernière ayant fait l’objet d’une offensive de charme russe visant à la convaincre que les pénuries alimentaires ne sont pas causées par la guerre de la Russie, mais par les sanctions imposées contre Moscou.

Fourrage et engrais

Les inquiétudes concernant la disponibilité et le prix des engrais devraient persister jusqu’à la fin de l’année. Les entreprises européennes d’engrais ont tiré la sonnette d’alarme cette semaine face à la flambée des prix du gaz qui, selon elles, a entraîné la réduction ou l’arrêt de la « majorité » de la production européenne d’engrais.

« Une action urgente et décisive de gestion de crise menée par l’UE est nécessaire pour rétablir la production d’engrais », a déclaré Fertilizers Europe dans un communiqué, soulignant qu’il s’agit d’un élément clé pour garantir la sécurité alimentaire à long terme de l’Europe.

Dans le même temps, l’UE a été confrontée à l’une des pires sécheresses de l’année, 14 des 27 États membres du bloc (Portugal, Italie, Espagne, France, Irlande, Belgique, Luxembourg, République tchèque, Slovaquie et Croatie) ont été gravement touchés.

FarmEurope a averti que les productions de colza ainsi qu’un certain nombre d’autres cultures sont en baisse, ce qui « fragilise encore davantage » la situation financière des exploitations agricoles.

En particulier, la production de fourrage est « très préoccupante », ce qui ajoute un coût supplémentaire pour le secteur qui pourrait menacer la survie de l’activité de nombreux agriculteurs cet automne.

Absorptions carbone

En novembre, la Commission devrait proposer un cadre réglementaire pour la certification des absorptions de carbone.

Cette proposition détaillera les règles de l’Union en matière de certification des absorptions de carbone, y compris les règles nécessaires à la surveillance, la notification et la vérification de l’authenticité de ces absorptions.

Étant donné leur rôle clé dans le maintien et l’amélioration du sol, cette mesure aura un impact majeur sur les agriculteurs de l’UE et sur les futures sources potentielles de revenus supplémentaires.

Transport des animaux

À la suite d’une série d’incidents récents très médiatisés concernant les conditions de transport maritime du bétail, le bien-être des animaux reste un élément clé de la politique agroalimentaire de l’UE.

La Commission prépare une législation tertiaire relevant du cadre légal existant dont le but est d’améliorer les contrôles officiels à bord des navires de transport de bétail. Elle envisage de une adopter fin 2022.

Étiquetage

L’exécutif européen devrait présenter sa proposition sur la question controversée de l’étiquetage sur le devant des emballages vers la fin de l’année.

L’opposition farouche des États membres du Sud au système Nutri-Score ne semble pas prête de faiblir.

Tout récemment, l’autorité italienne de la concurrence, l’AGCM, a annoncé que le Nutri-Score ne pouvait pas être utilisé en Italie, et a obligé Carrefour et d’autres distributeurs utilisant l’étiquetage nutritionnel français à le retirer de ses produits vendus en Italie.

Le débat risque d’être animé autour de cette question à l’approche de la présentation de la proposition.

Débats ouverts

Les législateurs européens entameront des discussions sur la proposition de la Commission visant à réduire de moitié l’utilisation et les risques des pesticides chimiques d’ici à 2030, une proposition déjà sévèrement critiquée par certains États membres.

Toutefois, les négociations sur la révision du règlement relatif à l’utilisation durable des pesticides devraient prendre du temps et s’achever sous la présidence espagnole de l’UE, qui aura lieu au second semestre 2023.

La Commission a dévoilé en avril une proposition visant à réorganiser le système de qualité alimentaire de l’UE et les législateurs devraient bientôt proposer une série d’amendements et sceller la réforme du cadre relatif aux indications géographiques (IG).

Les eurodéputés et les ministres de l’Agriculture sont également appelés à finaliser la révision de la politique de promotion de l’UE, qui aide les producteurs du bloc à vendre leurs produits agricoles au niveau national et international dans un marché de plus en plus concurrentiel.