Au Parlement européen, un « cordon sanitaire » se dessine contre le groupe des Patriotes pour l'Europe

Les forces pro-UE du Parlement européen se sont mises d’accord pour empêcher tout membre du nouveau groupe d’extrême droite « Patriotes pour l’Europe » de présider une commission parlementaire, ont confirmé deux sources du Parlement européen à Euractiv.

Euractiv.com
Réunion du Conseil européen à Bruxelles
(De gauche à droite) Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson, la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le Premier ministre hongrois Viktor Orban assistent à un sommet de l'UE à Bruxelles, Belgique, le 23 mars 2023. Les dirigeants de l'UE se réuniront pour un sommet de deux jours à Bruxelles afin de discuter des derniers développements liés à la "guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine" et du soutien continu de l'UE à l'Ukraine et à son peuple. Les dirigeants débattront également de la compétitivité, du marché unique et de l'économie, de l'énergie, des relations extérieures et d'autres sujets, dont la migration. EPA-EFE/OLIVIER HOSLET [[EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]]

Les forces pro-UE du Parlement européen se sont mises d’accord pour empêcher tout membre du nouveau groupe d’extrême droite « Patriotes pour l’Europe » de présider une commission parlementaire, ont confirmé deux sources du Parlement européen à Euractiv.

« Le Parti populaire européen (PPE), les socialistes européens (S&D) et les libéraux (Renew) se sont mis d’accord sur la mise en place d’un cordon sanitaire pour les prochaines commissions parlementaires », a déclaré une source du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) à Euractiv.

Un fonctionnaire du Parlement et membre du PPE contacté par Euractiv a confirmé l’accord entre les trois groupes, qui, selon les derniers chiffres, comptent 401 sièges sur les 720 membres du Parlement.

Les groupes politiques se sont réunis hier soir pour discuter de leurs souhaits pour les prochaines commissions du Parlement européen.

Des sources ont en outre expliqué à Euractiv que le groupe d’extrême droite des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) de Giorgia Meloni veut présider la commission LIBE, qui se concentre sur les libertés civiles, la justice et les affaires intérieures.

LIBE traite notamment de l’État de droit dans plusieurs pays, dont la Pologne, qui est représentée dans le groupe CRE par le parti d’extrême droite PiS.

Cependant, malgré une division temporaire d’hier soir, un représentant des S&D a déclaré que les forces progressistes feraient « tout leur possible » pour empêcher les CRE d’obtenir la commission LIBE.

« Les socialistes, les libéraux, les verts, la gauche et une partie du PPE ne veulent en aucun cas que le groupe CRE obtienne cette commission et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour l’en empêcher », a annoncé le fonctionnaire socialiste.

« Nous comprenons que le PPE veuille plaire à [Giorgia] Meloni et la garder près de lui, mais [la commission] LIBE, non », a-t-il ajouté.

Selon une liste consultée par Euractiv, le PPE a donné la priorité à la commission des Affaires étrangères (AFET), à la commission du Contrôle budgétaire (CONT), à la commission de l’Industrie, de la Recherche et de l’Énergie (ITRE), à la commission de la Pêche (PECH) ainsi qu’à la sous-commission de la Santé publique (SANT).

Pour leur part, les socialistes européens se sont concentrés sur la commission du Commerce international (INTA), la commission des Affaires économiques et monétaires (ECON), la commission de l’Environnement, de la Santé publique et de la Sécurité alimentaire (ENVI), la commission du Développement régional (REGI) et la commission des Droits de la femme et de l’Égalité des genres (FEMM).

En plus de LIBE, le groupe CRE veut également la commission des Budgets (BUDG) et la commission des Pétitions (PETI), tandis que les libéraux, les Verts et La Gauche de l’UE présideront également des commissions parlementaires, a appris Euractiv.

[Édité par Anna Martino]