Au Parlement, des commissions clefs pour les Libéraux [FR]

Alors que les tractations continuent à Bruxelles sur les postes clefs du nouveau Parlement européen, les discussions tournent surtout autour de la perte par le centre gauche de la présidence de l’importante commission des affaires économiques et monétaires au profit des Libéraux. D’autre part, Graham Watson s’est retiré de la course à la présidence du Parlement européen.

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Alors que les tractations continuent à Bruxelles sur les postes clefs du nouveau Parlement européen, les discussions tournent surtout autour de la perte par le centre gauche de la présidence de l’importante commission des affaires économiques et monétaires au profit des Libéraux. D’autre part, Graham Watson s’est retiré de la course à la présidence du Parlement européen.

L’eurodéputé britannique Graham Watson, un poids lourd du Parlement et jusqu’à récemment le dirigeant du groupe des libéraux ADLE, s’est retiré hier (8 juillet) de la course au plus haut poste de l’assemblée et n’a pas accepté la présidence d’une commission importante en guise de compensation.

Il voulait être président ou rien, a déclaré une source proche des partis à EURACTIV, expliquant que M. Watson n’était intéressé que par la présidence de l’assemblée et pas des commissions.

M. Watson fut le premier à poser sa candidature pour le poste de président du Parlement européen et il a fait campagne de manière transparente, mettant en avant ses idées pour introduire des listes européennes aux prochaines élections de l’UE, ainsi que pour améliorer la transparence et la communication de l’UE.

Cependant, il a cru à tort que son groupe deviendrait le faiseur de roi dans le nouveau Parlement européen. M. Watson avait présumé qu’une coalition idéologique entre l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) et le Parti populaire européen (PPE) de centre droit aurait pu former la majorité du nouveau parlement.

En grande partie, cela ne s’est pas matérialisé car les Tories britanniques se sont séparés du PPE pour former un nouveau groupe anti-fédéraliste, le Groupe des conservateurs et des réformateurs européens (ECR) (EURACTIV 23/06/09).

Le successeur de M. Watson à la tête de l’ADLE, l’ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt s’est positionné de manière forte contre une coalition, qui inclurait les Tories anti-fédéralistes (EURACTIV 02/07/09).

En réalité, les idées de M. Verhofstadt pour une coalition proeuropéenne ont prévalu, comme les dirigeants des groupes ont décidé que le Polonais Jerzy Buzek (PPE) devait être nommé président jusqu’en 2012, tandis que Martin Schulz, meneur du groupe de centre gauche des socialistes et démocrates, le sera pour deux ans et demi, lors de la seconde moitié de la septième législature, dans ce qui apparaît maintenant comme accord traditionnel de partage du pouvoir entre le centre droit et le centre gauche.

Des sources ont appris à EURACTIV qu’en échange du retrait de sa candidature, M. Watson a gagné un point d’appui pour aider les libéraux a obtenir l’importante présidence de la commission des Affaires économiques et monétaires, ainsi que celle d’une commission temporaire spéciale relative à la crise économique, une idée lancée par M. Watson lui-même.

Bien qu’on pensait que ce poste serait réservé à M. Watson, les eurodéputés britanniques ont refusé de le croire, car il avait dit de manière répétée que seule la présidence de l’assemblée l’intéressait. Le poste a été attribué à la place au libéral allemand Wolf Klinz, membre jusqu’à présent de la commission des Affaires économiques et monétaires.

Des sources de l’ADLE ont déclaré à EURACTIV que l’eurodéputée libérale britannique Sharon Bowles présiderait la commission des affaires économiques et monétaires, sans aucun doute l’organisme le plus puissant du Parlement.

Le nouvel eurodéputé italien libéral Luigi de Magistris devrait présider la commission du contrôle budgétaire.

Pas de changement dans le paysage global des commissions

Dans les autres commissions, la distribution des présidences conserve un équilibre similaire. Bien que cet prévisions soient sujettes à des changements de dernière minute lors des négociations à huis clos, les sources des groupes ont indiqué à EURACTIV que les présidences seraient divisées comme suit :

Le PPE gardera ses neuf présidences, et devrait conserver les commissions du budget, de l’industrie, de la recherche et l’énergie, des affaires étrangères, du développement régional et des affaires juridiques, ainsi que la sous-commission relative aux droits des femmes et celle sur la sécurité et la défense.

Il faut noter que la commission des affaires étrangères devrait être présidée par Mario Mauro, l’eurodéputé italien qui avait également mis son nom en avant en tant que candidat du PPE pour la présidence du Parlement  mais avait perdu au profit de Jerzy Buzek. Les autres récompensés bien en vue sont l’eurodéputé français Alain Lamassoure (budget) et l’ancienne commissaire polonaise Danuta Hübner, qui présidera la commission du développement régional.

Le PPE a également récupéré les présidences des commissions sur le commerce international (auparavant mené par la GUE/NGL), ainsi que la culture et l’éducation (auparavant centre gauche).

L’APSD a perdu la présidence de la puissante commission des affaires économiques et monétaires, qu’ils auraient cédée à l’ADLE en échange d’un partage de la présidence du Parlement pour le dirigeant de leur groupe, l’eurodéputé allemand Martin Schulz.

Les socialistes conserveront le nombre actuel de six présidences, gardant dans leur giron les affaires constitutionnelles, l’emploi et les affaires sociales. Ils prendront probablement l’environnement, la santé publique et la sécurité alimentaire (précédemment au PPE), le transport et le tourisme (précédemment à l’ADLE), l’agriculture et le développement rural (précédemment au PPE) et les libertés civiles, la justice et les affaires intérieures (précédemment à l’ADLE). 

Les Verts européens raviront la présidence de la commission du développement au PSE ; la nouvelle eurodéputée française Eva Joly devrait la présider. Les Verts gardent la sous-commission des droits de l’homme, pour la présidence de laquelle on évoque surtout le nom de l’eurodéputée finlandaise Heidi Hautala. 

Le nouveau groupe conservateur ECR présidera la commission pour le marché intérieur et la protection des consommateurs (précédemment au PSE), à la tête de laquelle devrait être nommé l’eurodéputé conservateur Malcolm Harbour. 

Enfin, le groupe eurosceptique Europe de la liberté et de la démocratie (ELD) a obtenu la présidence de la commission des pétitions, précédemment une prérogative de l’UEN.