Au moins 150 millions d’euros pour les agriculteurs européens
Le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos a annoncé une aide de 150 millions d’euros en faveur des producteurs lésés dans la crise de la bactérie E.coli. Paris et Madrid ne sont pas satisfaits. Bruxelles pourrait augmenter l’enveloppe.
Le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos a annoncé une aide de 150 millions d’euros en faveur des producteurs lésés dans la crise de la bactérie E.coli. Paris et Madrid ne sont pas satisfaits. Bruxelles pourrait augmenter l’enveloppe.
A la veille de la réunion des ministres de l’Agriculture, la Commission européenne avait promis des « mesures concrètes » pour aider les agriculteurs dont les productions sont menacées par l’épidémie de E.coli, qui a déjà fait 23 morts en Europe.
Des négociations à venir
Le commissaire à l’Agriculture, Dacian Ciolos a proposé une enveloppe de 150 millions à destination des producteurs touchés lors de la réunion extraordinaire des ministres de l’Agriculture à Luxembourg, mardi 7 juin.
« J’ouvrirai notre proposition à 150 millions d’euros », a-t-il déclaré à la presse, laissant entendre que ce montant n’était qu’un point de départ pour des discussions.
Selon la fédération européenne des produits frais Freshfel Europe, les dernières estimations donnent un manque à gagner hebdomadaire de l’ordre de 80 millions d’euros aux Pays-Bas, de 20 millions en Allemagne, de quatre millions en Belgique et de trois millions au Portugal, sans parler des 200 millions d’euros estimés par les agriculteurs espagnols. Aucun chiffre officiel n’est encore disponible.
A l’euro près
Les institutions européennes utiliseront le mécanisme européen de prévention des crises agricoles, un système de régulation qui prévoit d’indemniser certains producteurs pour qu’ils retirent leurs produits du marché. Les producteurs européens recevraient jusqu’à la fin du mois une aide correspondant à 30% de la valeur totale de leurs produits invendus, prélevée sur le budget de l’Union européenne.
Les calculs se feraient sur une période allant de début mai à fin du mois de juin.
Même si le pourcentage exact est encore en discussion, nous sommes bien loin du remboursement « à l’euro près » demandé par le ministre français de l’Agriculture, Bruno Le Maire.
Le Maire mécontent
« Je réclame une indemnisation à l’euro près des producteurs français touchés par la crise, pas 30% », a-t-il insisté, même s’il a jugé que l’existence d’une proposition financière concrète était une première bonne nouvelle.
Son homologue espagnole, Rosa Aguilar, est du même avis. « Ce n’est pas suffisant pour l’Espagne. Ce que nous voulons c’est qu’il y ait une réponse pour tous les producteurs, qu’ils soient ou non membres d’ organisations et à 100% de la valeur réelle de marché des pertes. »
Nouvelle proposition à venir
Face aux pressions des États, la Commission européenne devrait rapidement annoncer un nouveau taux d’indemnisation et un montant global.
Malgré ces dissensions, elle espère pouvoir effectuer les premiers versements le plus rapidement possible. La question de la répartition entre pays et producteurs n’a pas encore été évoquée.
Débat au Parlement européen
Réunis en session plénière à Strasbourg, les députés européens ont estimé que l’épidémie de E.coli avait été mal gérée par l’UE et l’Allemagne.
« Il faut restaurer l’honneur des producteurs de concombres! », a lancé Francisco Sosa Wagner, eurodéputé espagnol non inscrit, tout en demandant aussi des compensations financières.
Les élus ont aussi jugé nécessaire de réformer les systèmes de contrôle sanitaire et d’alerte pour que de telles situations ne se reproduisent plus à l’avenir.