Au cœur d’un scandale autour de dons, le ministre tchèque de la Justice démissionne

Le ministre tchèque de la Justice, Pavel Blažek, a démissionné après qu’il a été révélé que son ministère avait reçu 40 millions d’euros en bitcoins provenant d’un trafiquant de drogue condamné.

EURACTIV République tchèque
EU Justice and Home Affairs Council meeting
Le ministre tchèque de la Justice, Pavel Blažek. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Le ministre tchèque de la Justice, Pavel Blažek (ODS, Conservateurs et Réformistes européens/CRE), a démissionné vendredi 30 mai dans la soirée après qu’il a été révélé que son ministère avait reçu 40 millions d’euros en bitcoins provenant d’un trafiquant de drogue condamné.

Fin mai, le ministère annonçait avoir vendu quelque 468 bitcoins aux enchères contre des couronnes tchèques. Mais après une enquête menée par le média tchèque Denik N, il a été révélé la semaine dernière que les cryptomonnaies vendues provenaient de dons faits par Tomáš Jiřikovský, emprisonné entre 2017 et 2021 pour avoir tenu un marché illégal de drogue en ligne et volé des bitcoins.

« Je n’ai connaissance d’aucune action illégale », a réagi Pavel Blažek sur X. Il affirme avoir agi dans le respect de la loi, mais a démissionné vendredi dernier afin selon lui de limiter les dommages causés au gouvernement.

Bien que les tribunaux n’aient pas pu prouver que les cryptomonnaies données au ministère avaient une origine criminelle, les soupçons ont déclenché des enquêtes sur d’éventuels délits de blanchiment d’argent, d’abus de pouvoir et d’infractions liées à la drogue.

En parallèle, les critiques ont fusé de tous les horizons politiques, alors que la campagne électorale en vue des législatives d’octobre vient de débuter.

Le ministre de l’Intérieur, Vít Rakušan (STAN, Parti populaire européen/PPE), a qualifié la transaction de « très inhabituelle » et préjudiciable à l’image du gouvernement.

Le mouvement d’opposition ANO d’Andrej Babiš soutient quant à lui que le ministre aurait blanchi l’argent d’un trafiquant de drogue.

De son côté, le Premier ministre Petr Fiala (ODS, Conservateurs et Réformistes européens/CRE) a déclaré sur X qu’il était certain que le ministre avait « agi de bonne foi » et a promis de nommer un successeur rapidement.

Le scandale a donné lieu à la convocation d’une session parlementaire extraordinaire, qui se déroulera jeudi 5 juin, les partis d’opposition exigeant la démission du gouvernement. Mais l’effondrement de l’exécutif reste toutefois peu probable compte tenu de la solide majorité dont dispose la coalition de centre-droit formée après les élections de 2021.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]