ArcelorMittal : les salariés manifestent à Paris contre les suppressions de postes

Quelques centaines de salariés d'ArcelorMittal de toute la France ont manifesté mardi 13 mai devant le siège français du groupe en banlieue parisienne, pour la défense de leur emploi et l'avenir de l'acier en France.

EURACTIV France avec AFP
French Minister of Economy and Finance, Bruno Le Maire Visits Dunkerque : Day One
Au cœur du maintien d'une industrie sidérurgique en France, la poursuite ou non des projets de décarbonation du groupe. [Getty Images/Sylvain Lefevre]

Quelques centaines de salariés d’ArcelorMittal de toute la France ont manifesté mardi 13 mai devant le siège français du groupe en banlieue parisienne, pour la défense de leur emploi et l’avenir de l’acier en France, mettant la pression sur la direction du sidérurgiste qui envisage la suppression de plus de 600 postes dans le pays.

« Nationalisation » est le terme qui était sur toutes les lèvres : « les Italiens l’ont fait, les Anglais l’ont fait […] alors pourquoi nous, Français, on n’est pas capable de le faire ? », s’est interrogé Gaétan Lecocq, du syndicat CGT d’ArcelorMittal Dunkerque (nord), site le plus menacé par le plan de suppressions de postes, défendant une prise de contrôle des hauts fourneaux français par l’État.

« Mittal, qu’il dégage, qu’il s’en aille, on n’a pas besoin de lui », a-t-il ajouté, en disant « non » au plan social.

La secrétaire générale de la CGT, deuxième syndicat français, Sophie Binet, a promis que la situation des salariés d’ArcelorMittal serait « au centre » de son « interpellation du président » Emmanuel Macron, avec qui elle est invitée à débattre mardi soir, sur la chaîne TF1, parmi d’autres personnalités.

« Je lui remettrai les propositions de la CGT pour nationaliser, la liste des 400 plans de licenciements qui aujourd’hui ont lieu partout en France, avec des entreprises qui touchent des aides publiques et qui distribuent des dividendes et je lui dirai qu’il faut qu’il prenne ses responsabilités », a-t-elle clamé.

« On est venu manifester notre mécontentement, on ne comprend pas les 600 licenciements », a déclaré Francis Carru, de Dunkerque, qui craint « pour [son] emploi et les emplois futurs », redoutant « une fermeture de site » pure et simple.

« ArcelorMittal est en train, clairement, d’organiser la délocalisation de la production depuis des années, et là, on est face à une urgence, c’est vraiment une question de semaines », a dénoncé la députée de gauche radicale Aurélie Trouvé, qui a déposé mardi matin une proposition de loi de nationalisation d’ArcelorMittal.

Une démarche également portée par les partis communiste et socialiste.

Au cœur du maintien d’une industrie sidérurgique en France, la poursuite ou non des projets de décarbonation du groupe. Fin 2024, ArcelorMittal a suspendu sa décision finale d’investissement – à hauteur de 1,8 milliard d’euros dont plus de 800 millions d’aide promise par l’État – pour décarboner les hauts fourneaux de Dunkerque, en arguant de la non-compétitivité de l’acier produit en Europe.

Après de meilleurs résultats que prévu au premier trimestre, ArcelorMittal a fait pression sur la Commission européenne, demandant une application « rapide » du plan européen pour l’acier pour regagner en compétitivité, avant d’annoncer s’il investit ou non.

« L’État attend […] qu’Arcelor apporte des réponses sur sa stratégie à moyen terme en France », a déclaré la ministre délégué chargée des PME, Véronique Louwagie, devant l’Assemblée nationale.

« La nationalisation n’est pas une réponse en soi aux difficultés de la sidérurgie européenne », a-t-elle ajouté, estimant que la réponse se ferait à l’échelle de l’Europe.