Après Moscou, le président kazakh en visite à Paris sur fond de crise énergétique

Le président kazakh nouvellement réélu Kassym-Jomart Tokaiev est arrivé mardi en France où il a rencontré son homologue Emmanuel Macron, après une rencontre avec Vladimir Poutine la veille, dans un contexte énergétique tendu en Europe.

Euractiv France
President of Kazakhstan Kassym Jomart Tokayev visits France
Le président français Emmanuel Macron (G) et son homologue kazakh Kassym-Jomart Tokaiev à Paris, le 29 novembre 2022. [TERESA SUAREZ/EPA-EFE]

Le président kazakh nouvellement réélu Kassym-Jomart Tokaiev est arrivé mardi (29 novembre) en France où il a rencontré son homologue Emmanuel Macron, après une rencontre avec Vladimir Poutine la veille, dans un contexte énergétique tendu en Europe.

Durant cette visite de deux jours en Hexagone, le président kazakh entend notamment discuter de partenariats stratégiques dans les secteurs du commerce, qui pourraient mener à de nouveaux investissements. Il participera également à des rencontres avec des entreprises françaises.

Cette rencontre avec le président français est la première visite officielle avec un dirigeant européen depuis sa réélection le 20 novembre et la deuxième après une courte visite à Moscou, où il a rencontré Vladimir Poutine lundi (28 novembre).

« Lors des entretiens au Kremlin entre les présidents du Kazakhstan et de la Russie, ces derniers ont évoqué de la création d’une « union gazière tripartite » composée de la Russie, du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan afin de coordonner les actions dans le transport du gaz russe à travers » la région, a déclaré mardi le porte-parole de M. Tokaiev, Ruslan Zheldibay.

Contactée par EURACTIV, une source proche du dossier a rappelé que l’union gazière susmentionnée ne vise « pas à contourner les sanctions européennes contre la Russie » et doit encore être « comprise et étudiée ».

Cette même source a rappelé que la France est l’un des cinq plus importants investisseurs étrangers pour le Kazakhstan, étant donné que Paris a investi 17 milliards de dollars dans l’économie kazakhe et que le pays représente 90 % du commerce de la France avec l’Asie centrale, notamment dans le secteur du nucléaire.

« La France est active dans le secteur du nucléaire au Kazakhstan, notamment avec Orano », ajoutant qu’EDF était également l’un des trois principaux candidats à la construction de la première centrale nucléaire kazakhe d’ici la fin de la décennie, avec la Russie et la Corée du Sud.

Selon des informations publiées par Le Monde plus tôt en 2022 et provenant du Comité technique d’Euratom, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan ont fourni jusqu’à 55 % des approvisionnements français en uranium. Par ailleurs, selon les données d’Euratom, le Kazakhstan était en 2020 le premier producteur mondial d’uranium naturel (40,6 %) et le deuxième fournisseur d’uranium pour l’UE (22,99 %) après le Niger (24,26 %).

Le Kazakhstan est également au cœur de la stratégie énergétique de l’UE en Asie centrale. Lors de la conférence COP27 en Égypte le 7 novembre, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a signé un protocole d’accord avec le premier ministre du Kazakhstan, Alikhan Smailov.

Dans ce document, les deux parties ont convenu d’établir un nouveau partenariat garantissant le développement d’un approvisionnement sûr et durable en matières premières, le développement des chaînes de valeur de l’hydrogène renouvelable et des batteries, et la stimulation de la transformation verte et numérique des deux économies.

« Ce partenariat permettra aux investisseurs européens d’avoir un meilleur accès, plus privilégié, au marché kazakh », a déclaré le chef de division du SEAE, Dietmar Krissler, à EURACTIV lors d’un événement sur le Kazakhstan lundi. « J’espère même qu’il servira d’exemple pour d’autres pays d’Asie centrale », a-t-il ajouté.