Après les critiques sur les restrictions de la liberté de la presse en Italie, Giorgia Meloni riposte
Selon la secrétaire générale du syndicat des journalistes italiens, des médias de droite considérés proches du gouvernement italien ont accusé certains journalistes d’avoir « provoqué » la prise de position sévère de l’UE sur les restrictions de la liberté de la presse en Italie.
La tension médiatique monte en Italie. Selon la secrétaire générale du syndicat des journalistes italiens, Alessandra Costante, des médias de droite considérés proches du gouvernement italien ont accusé certains journalistes d’avoir « provoqué » la prise de position sévère de l’UE sur les restrictions de la liberté de la presse en Italie.
Alessandra Costante, la secrétaire générale du syndicat des journalistes italiens, la Fédération nationale de la presse italienne (FNSI), a commenté la lettre envoyée par la Première ministre Giorgia Meloni à la Commission européenne. Ce courrier conteste les critiques formulées à propos de la liberté de la presse dans le rapport sur l’État de droit publié le 24 juillet.
Certains journaux jugés proches du gouvernement ont publié les noms des journalistes qui ont contribué au rapport Media Freedom Rapid Response (MFRR) financé par l’UE et cité dans le rapport sur l’État de droit.
« La campagne de presse orchestrée contre certains journalistes accusés d’avoir “provoqué” la position sévère de l’UE sur la restriction de la liberté de la presse en Italie est scandaleuse », a déclaré la secrétaire de la FNSI.
Pour Alessandra Costante, « publier des noms, c’est désigner des collègues comme cibles. Nous saurons à qui incombe la responsabilité s’il leur arrive quelque chose ».
Selon elle, une telle campagne, « souligne, s’il était encore nécessaire de le faire, comment les journalistes qui ne sont pas alignés sur la politique du gouvernement sont désignés au public comme des ennemis : une action d’intimidation évidente et contraire à la liberté de la presse ».
La FNSI a contribué au rapport avec d’autres parties prenantes.
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Dans sa lettre à la Commission, la Première ministre italienne a qualifié les journalistes qui ont contribué au rapport de « professionnels de la désinformation et de la mystification ».
Outre la lettre envoyée à la Commission, Giorgia Meloni a également fait quelques déclarations sur la question lors d’une conférence de presse qui s’est tenue en marge de sa visite en Chine.
Selon elle, la lettre qu’elle a envoyée ne représente pas « une marque de tension avec la Commission européenne », mais « une réflexion commune sur l’instrumentalisation qui a été faite d’un document technique dans lequel [Giorgia Meloni est] obligée de rappeler que les critiques ne sont pas celles de la Commission européenne ».
Giorgia Meloni a affirmé que les remarques contenues dans le rapport n’émanaient pas directement de la Commission, mais des « parties prenantes » et a cité directement certains des journaux qu’elle considère comme les plus critiques, tels que Il Domani, il Fatto Quotidiano ou Repubblica.
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Les médias menacés
Le rapport fait particulièrement référence à l’indépendance des médias publics, en soulignant le rôle crucial joué par la RAI, principal radiodiffuseur de service public, dans le paysage médiatique.
La Commission a rappelé que « les parties prenantes soulignent la nécessité d’une réforme globale pour garantir que la RAI soit mieux protégée contre les risques d’ingérence politique ».
D’autres préoccupations exprimées par les parties prenantes mentionnées par la Commission concernaient le par condicio et la « décision du gouvernement, adoptée avec la loi de finances pour 2024, de réduire la redevance de la RAI et de compenser cette réduction par un financement direct supplémentaire de 430 millions d’euros ».
La situation de la liberté de la presse en Italie a également été pointée du doigt dans le rapport de la MFRR.
Le rapport indique que « depuis que la coalition d’extrême droite dirigée par Giorgia Meloni a pris le pouvoir en octobre 2022, la liberté de la presse a été soumise à une pression croissante, avec des attaques et des violations sans précédent, souvent initiées par des hommes politiques dans le but de marginaliser et de faire taire les opinions divergentes ».
Le rapport de la MFRR révèle également une situation alarmante : d’octobre 2022 à juin 2024, 193 incidents ont été recensés contre des journalistes, contre 75 au cours des 22 mois précédents. Parmi ces incidents, 54 ont été dirigés par des personnalités politiques.
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[Edité par Sarah N’tsia]