Après l’Estonie, pas d’adhésion à l’euro avant 2014-2016
Mise à part l’Estonie, les autres pays d’Europe centrale et orientale (Peco) ne devraient pas adopter la monnaie unique prochainement.
Mise à part l’Estonie, les autres pays d’Europe centrale et orientale (Peco) ne devraient pas adopter la monnaie unique prochainement.
Les ministres des Finances de l’UE ont donné leur feu vert, mardi 8 juin à l’adoption de l’euro au 1er janvier 2011 par l’Estonie. Une fois la décision approuvée par le Conseil européen des 17 et 18 juin, l’Estonie deviendra ainsi le 17e pays de la zone euro. La Commission avait recommandé en mai 2010 son entrée dans la zone euro.
Le 7 juin, le conseiller financier à l’ambassade de France en Pologne, Jérôme Baconin déclarait à l’occasion d’une conférence à l’Ifri que l’Estonie était prête, rappelant sa politique rigoureuse en matière de finances publiques. Son budget a été excédentaire de 2002 à 2007 tandis que sa dette (7,2%) et son déficit budgétaire (1,7%) sont parmi les plus bas d’Europe.
Malgré une forte récession en 2009 (-14,1%), l’Estonie est parvenu à maintenir des finances publiques saines, mais à un prix social élevé : les salaires par exemple ont été réduits de 15%.
La Banque centrale européenne a néanmoins émis quelques doutes concernant le « caractère durable sur la convergence de l’inflation en Estonie ». L’inflation serait appelée « à augmenter dans les mois à venir », a-t-elle souligné.
Pas d’élargissement de la zone euro avant 2014-2016
Mise à part l’Estonie, la Commission a estimé que les autres États membres ne pourraient pas rejoindre la zone euro avant 2014-2016 au plus tôt. La crise économique et la détérioration des finances publiques a éloigné les possibilités de remplir les critères de convergence, préalables nécessaires à l’adoption de la monnaie unique.
Si la Lettonie et la Lituanie sont déjà dans l’antichambre de l’euro (MCE II : mécanisme de change européen) puisque leur taux de change est fixe par rapport à l’euro, les autres Peco ont conservé un taux de change variable, la Bulgarie ayant abandonné son projet de l’intégrer en avril 2010.
La plupart d’entre eux n’envisage donc plus d’adopter l’euro rapidement, comme ce fut le cas au début de la crise à l’automne 2008. Perçu comme un havre de stabilité, une entrée rapide des Peco dans la zone euro était même évoquée à l’époque. L’ancien premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany déclarait en novembre 2008 au Monde que « La Hongrie a plus d’avantages à adopter la monnaie commune qu’à conserver sa monnaie nationale […] La crise conforte la nécessité d’entrer rapidement dans la zone euro. »
Si cet objectif n’est pas remis en cause par le nouveau gouvernement de droite, il est resté plus flou sur les mesures à prendre. Le nouveau ministre des finances Janos Martonyi a précisé en mai 2010 qu’il « ne faut fixer cette date que si le gouvernement est certain de pouvoir la tenir. »
De même, le ministre des finances polonais, Jacek Rostowski était en faveur d’une adhésion rapide de son pays à la zone euro en 2008, mais il a déclaré en mai 2010 que Varsovie n’était pas pressé de rejoindre la zone euro.
La crise grecque y est pour beaucoup. Le fait qu’un pays comme la Slovaquie ait du aider un pays plus riche qu’elle, a été mal perçu dans la région, a affirmé le président de la chambre de commerce et d’industrie de Slovaquie Peter Mihök.
Selon Petr Drulák, directeur de l’Institut des relations internationales de Prague, interrogé par EURACTIV.fr, le nouveau gouvernement tchèque, composé principalement du parti eurosceptique ODS, ne devrait pas être pressé d’adopter la monnaie unique car « voir la Slovaquie contribuer au sauvetage de la Grèce a endommagé la réputation de l’Europe et n’a pas contribué positivement à la cause de l’adhésion de la République tchèque à la monnaie unique. »
Par ailleurs, avoir leur propre monnaie leur a permis de disposer pendant la crise d’instruments efficaces dont ils ne veulent pas forcément se séparer, a précisé la directrice des études internationales à la Banque nationale d’Autriche, Doris Ritzberger-Grünwald.
Malgré cela, elle a rappelé que « les habitants des Peco continuent à avoir davantage confiance dans la monnaie unique que dans leur monnaie nationale. »