Appréhensions du Parlement européen sur les lignes directrices pour l’emploi

Alors que les chefs d’État et de gouvernement devraient se prononcer sur les lignes directrices pour l’emploi lors du Conseil européen des 13 et 14 mars prochains, le Parlement européen fait entendre qu’il souhaiterait une approche plus sociale des politiques de l’emploi.

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Alors que les chefs d’État et de gouvernement devraient se prononcer sur les lignes directrices pour l’emploi lors du Conseil européen des 13 et 14 mars prochains, le Parlement européen fait entendre qu’il souhaiterait une approche plus sociale des politiques de l’emploi.

Développements récents et prochaines étapes :

  • 12 mars 2008 : La confédération européenne des syndicats (CES) publie une étude sur le travail précaire en Europe 
  • 13-14 mars 2008 : Conseil européen qui discutera des lignes directrices intégrées pour la croissance et l’emploi
  • Mai 2008 : Le Parlement européen s’exprimera sur les lignes directrices pour l’emploi

En bref :

En 2005, la stratégie de Lisbonne a été recentrée sur le double objectif de croissance et d’emploi.

Dans ce cadre, les lignes directrices pour l’emploi, qui font partie des lignes directrices intégrées pour la croissance et l’emploi (2008-2010), établissent les objectifs de l’Union européenne en matière de politique de l’emploi, ainsi que les stratégies privilégiées pour les atteindre.

Alors que les chefs d’État et de gouvernement devraient discuter de ces lignes directrices pour l’emploi pour la période 2008-2010 au Conseil européen du 13 et 14 mars prochains, le Parlement fait pression pour que la stratégie prenne une coloration plus sociale.

À la suite d’une proposition de la Commission du 11 décembre 2007, les ministres européens de l’emploi sont tombés d’accord sur le fait que les lignes directrices existantes resteraient largement inchangées jusqu’en 2010. Lors du conseil Emploi du 29 février, ces derniers ont confirmé que les priorités resteront les suivantes : le plein emploi, l’amélioration de la qualité et de la productivité du travail, la cohésion sociale, l’attrait des emplois et la combinaison entre flexibilité et sécurité de l’emploi.

Cependant, les chefs d’État et de gouvernement ne pourront pas adopter formellement ces priorités lors du Conseil européen de la semaine prochaine. Ils doivent en effet prendre en considération le rapport du Parlement sur ce sujet, attendu pour le mois de mai.  

Le Parlement s’oppose déjà à l’approche soutenue par la Commission et le Conseil.

Le rapporteur Anne van Lancker (PSE) souhaite que la dimension sociale des lignes directrices soit renforcée. Dans l’exposé des motifs du projet de rapport, la députée insiste sur le fait que « la stratégie de Lisbonne renouvelée ne touche pas tous les citoyens européens » et qu’elle a « certes créé plus d’emplois, mais pas toujours de meilleurs emplois ». Le rapporteur note aussi que « les États membres n’avancent pas actuellement vers un dispositif équilibré en faveur de la flexicurité ».

Concrètement, la députée propose une liste d’amendements visant à renforcer la dimension sociale de la stratégie de Lisbonne, à améliorer la qualité des emplois et à insérer une clause active d’insertion.

Positions :

Lors du sommet pour la croissance et l’emploi organisé par le think thank The Lisbon Council, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a demandé au Conseil européen de mettre « les compétences au sommet de l’agenda et de transformer des millions de vies en combattant l’échec scolaire et l’insuffisance du niveau d’instruction dans l’UE».

Parallèlement, dans une lettre ouverte aux chefs d’État et de gouvernement, le leader du Groupe socialiste au Parlement européen, Martin Schulz, accuse le président de la Commission de fermer les yeux sur l’aspect social de la stratégie pour l’emploi. « Alors que 78 millions d’Européens sont menacés de pauvreté et que l’Union est confrontée aux défis du chômage, de l’exclusion sociale, du changement climatique et de l’instabilité financière, le président de la Commission européenne continue d’ignorer les appels du Parlement européen», notent aussi les socialistes dans leur lettre.  

La députée européenne Françoise Grossetête (PPE-DE) rappelle que «le recentrage de la stratégie de Lisbonne sur la croissance et l’emploi n’a pas permis de réaliser les progrès espérés ». L’absence de croissance est « à la racine des problèmes de l’Europe », conclut-elle.

Lors d’une conférence sur la qualité des emplois organisée par la Confédération européenne des syndicats (CES), le secrétaire confédéral Walter Cerfeda a exprimé l’urgence pour l’Europe d’améliorer l’organisation du travail et d’assortir ce dernier « de standards sociaux élevés », qui sont dans l’intérêt des employeurs.