Antonio Monteiro : "Le Sommet UE-Afrique aura lieu"
Traité réformateur, négociations avec la Turquie ou encore Sommet UE-Afrique, la rentrée de la Présidence portugaise de l’UE est chargée. Interrogé par EURACTIV France, l’ambassadeur du Portugal en France, Antonio Monteiro, fait le point sur les grands dossiers à l’agenda de la Présidence.
Traité réformateur, négociations avec la Turquie ou encore Sommet UE-Afrique, la rentrée de la Présidence portugaise de l’UE est chargée. Interrogé par EURACTIV France, l’ambassadeur du Portugal en France, Antonio Monteiro, fait le point sur les grands dossiers à l’agenda de la Présidence.
En bref :
Conférence Intergouvernementale (CIG)
La réunion des ministres des Affaires étrangères, le week-end dernier au Portugal, a montré la confiance des États membres dans la capacité de la CIG à se mettre d’accord sur un projet de traité d’ici le Sommet européen des 18 et 19 octobre.
« Les travaux de la CIG marchent assez bien » a confirmé à EURACTIV l’ambassadeur du Portugal en France, Antonio Monteiro. « Le travail technique est fini et je suis convaincu que nous aurons un accord d’ici le mois d’octobre ».
Les incertitudes liées aux élections en Pologne à la fin du mois d’octobre semblent néanmoins bien réelles. « Certains éléments peuvent éventuellement compliquer le calendrier, notamment les élections en Pologne, mais je n’anticipe pas d’obstacles majeurs pour qu’un accord voit le jour ».
Notoirement anti-européens, les jumeaux Kaczy?ski, qui dirigent le pays, pourraient éventuellement faire du traité réformateur un bouc émissaire afin de gagner les suffrages de l’opinion.
La ministre polonaise des Affaires étrangères, Ana Fotyga, a de plus indiqué le week-end dernier que son pays souhaitait obtenir une dérogation pour la Charte des droits fondamentaux, à l’image de celle obtenue par le Royaume-Uni. Une requête refusée pour le moment par l’Irlande.
Les relations euro-méditerranéennes
Au cœur des priorités de la présidence portugaise, les relations euro-méditerranéennes sont également l’une des préoccupations du président français.
« Une coopération très étroite a lieu sur ce sujet. Cette question est à l’ordre du jour à chaque réunion entre responsables français et portugais », a tenu à souligner Antonio Monteiro. « Je crois, de plus, que nous sommes d’accord avec nos voisins pour approfondir le projet présenté par Nicolas Sarkozy », a-t-il ajouté.
Entamé sous Présidence portugaise, ce projet sera l’une des thèmes phares de la Présidence française de l’UE, au second semestre 2008.
Sommet UE-Afrique
Autre sujet épineux : la réunion du Sommet UE-Afrique prévue pour le mois de décembre. Refusant de s’asseoir à la même table que la président de la République du Zimbabwe, Robert Mugabe, la Grande-Bretagne avait décliné l’invitation à une réunion du même type en 2003, ce qui avait causé l’annulation de la rencontre.
Depuis 2002, l’UE a pris des mesures contre une centaine de personnalités zimbabwéennes, dont la présence n’est pas désirée sur le territoire européen.
« A mon avis, ce Sommet aura lieu, nous avons de bons contacts avec les Britanniques sur ce dossier », a indiqué l’ambassadeur du Portugal en France.
Un point de vue confirmé, mercredi 12 septembre, par Akwasi Osei Adjei, ministre ghanéen des Affaires étrangères, dont le pays préside actuellement l’Union africaine.
Négociations avec la Turquie
Dans son interview, Antonio Monteiro a enfin évoqué le dossier turc en se réjouissant de la nouvelle « souplesse » du président français sur ce sujet.
La Présidence portugaise avait prévenu qu’elle ne ferait pas de concessions à ce sujet. « Nous avons besoin de négocier avec la Turquie. Ce dossier est compliqué mais il était important de donner à ce pays un signe positif », a ajouté l’ambassadeur, tout en précisant que ceci ne préjugeait en rien de l’issue des négociations.
Parmi les autres dossiers importants de la présidence, le Portugal devrait parvenir à un accord au Conseil sur la libéralisation des services postaux et sur la mise en place d’un socle commun sur la flexicurité.