Anne-Marie Idrac : Pour les PME « l’après-crise sera international »
L’Union européenne et le gouvernement français tentent de répondre aux difficultés conjoncturelles des patrons de PME. Le salon Planète-PME, qui s’est tenu le 16 juin à Paris, a été l’occasion de présenter de nouvelles mesures d’aide.
L’Union européenne et le gouvernement français tentent de répondre aux difficultés conjoncturelles des patrons de PME. Le salon Planète-PME, qui s’est tenu le 16 juin à Paris, a été l’occasion de présenter de nouvelles mesures d’aide.
Pour Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État au Commerce extérieur, l’après crise appartient aux PME et « sera international ». Si le déficit du commerce extérieur français a atteint les 3% du PIB, le volume des exportations a quant à lui augmenté de 3% en 2008. C’est donc un « message d’espoir » qu’elle a adressé aux chefs d’entreprises présents sur le Salon Planète PME le 16 juin.
Dans un discours émaillé des mots « confiance », « capacité », « courage », Mme Idrac a déclaré que les difficultés actuelles « n’étaient pas de notre faute », mais liées à la chute de la demande. Un propos soutenu par François David, président de la Coface, qui a comparé les 100 millions d’euros de déficit du commerce extérieur britannique, « dont personne ne parle », aux 58 milliards français. Et de conclure que cela « n’a aucun sens de parler de ça, parce que cela ne veut plus rien dire aujourd’hui ».
« PME, vous êtes ma préoccupation principale »
Le but de la ministre et des organismes présents n’est pas de « pleurnicher ». Le réseau des chambres de commerce et d’industrie, Ubifrance, Oséo, et les conseillers du commerce extérieurs ont appelé à reformer les partenariats entre ces structures dédiées à l’accompagnement des PME en les orientant vers l’innovation et le développement à l’international. Un projet conduit par Anne-Marie Idrac, pour qui les PME sont la « préoccupation principale ».
Mme Idrac a ainsi annoncé la signature le jour même entre les OSCI (Opérateurs spécialisés du Commerce international) et la Coface d’une convention visant au renforcement du volet « conseil » de l’assurance prospection. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI, dont le chiffre d’affaire inférieur à 500 000 euros par an) pourront également accéder à ce dispositif qui assure les PME sur un éventuel échec de la démarche entreprise à l’étranger.
La prime versée par les entreprises est également réduite de 2 à 3% du budget annuel garanti pour les titulaires du contrat. Cette aide est gérée pour le compte de l’État par la Coface, compagnie spécialisée dans l’assurance-crédit à l’exportation.
Se développer à l’étranger, de la prospection au contrat
Le premier interlocuteur d’un chef d’entreprises est la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), rappelait Vianney de Chalus, président de la CCI du Havre. Ce premier interlocuteur, « facilitateur et réducteur de complexité » présente l’intérêt d’être présent « très localement ». Il s’occupe de « remplir la paperasse » et d’orienter les entreprises vers les organismes pertinents. « Les PME ont besoin qu’on leur ouvre les portes et qu’on leur montre le chemin », a souligné le président de la Confédération générale des PME (CGPME) Jean-François Roubaud. »L’équipe de France » vise 10 000 exportateurs de plus pour 2012.
Deuxième étape, Ubifrance. L’agence française pour le développement international, où l’État a concentré tous ses moyens d’accompagnement, dispose d’un réseau important de missions économiques, chambres de commerce et conseillers du commerce extérieur. Ubifrance propose aux entreprises le Sidex (Soutien individualisé à la démarche export), une subvention accordée sur les frais de déplacements (hôtel, avion, signature de contrat…) et qui peut couvrir, selon les projets déposés, la totalité des frais engagés. D’un autre type, les missions à l’étranger organisées par Ubifrance sont des subventions qui permettent aux entrepreneurs de se rendre à des évènements professionnels et d’y nouer des contacts.
Oseo, placé sous la tutelle du ministère de l’Économie, oriente les PME vers les programmes européens de financement correspondant à leur projet, et les aide de manière approfondie sur le montage de projet, auquel l’ragnisme octroie une aide financière. Mais la prospection, note Nicolas Buglio, de la société Quatrax est « un peu lourde ». Un reproche récurrent adressé aux programmes européens.
Autre outil, Enterprise Europe Network. Ce réseau européen fonctionne sur deux branches, l’information et la recherche de partenaires (commerciaux ou technologiques). Il a été lancé par la DG Entreprise de la Commission européenne, en février 2008, pour mettre en contact les entreprises européennes autour d’un projet commun. La simplification du réseau organisationnel était l’objectif premier de la commission. Pour Patrick Cornille, créateur d’AES Technology, cet outil se distingue par » la gratuité et la réactivité ».
Après une première prise de contact, le correspondant d’EEN remplit – en anglais- un profil sur le type d’entreprise et de projet, qu’il publie sur un réseau internet auxquels ont accès les autres points de contact d’EEN. Deux possibilités dès lors : attendre qu’un tiers se manifeste, ou rechercher un partenaire par mot-clés.
Patrick Cornille a contacté EEN il y a « un ou deux mois », et une semaine après les premiers marques d’intérêts sont arrivées. Résultat, AES Technology a été contacté par trois Européens, et s’apprête à rencontrer un Letton. Grâce à son réseau, EEN peut également se procurer des informations concernant la santé et l’assise de l’entreprise tiers.