Angela Merkel nie toute divergence avec François Hollande
La chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré jeudi qu’elle n’entretenait peut-être pas une relation amicale des plus fortes avec son homologue français, mais sa relation de travail avec François Hollande est solide et essentielle pour l’Europe.
La chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré jeudi qu’elle n’entretenait peut-être pas une relation amicale des plus fortes avec son homologue français, mais sa relation de travail avec François Hollande est solide et essentielle pour l’Europe.
Alors que son ministre des affaires étrangères a déclaré que l'Allemagne ne devait pas faire preuve d'« arrogance teutonne » envers ses voisins de la zone euro, Angela Merkel a minimisé l'importance des critiques émises par les socialistes au pouvoir en France.
« Quand on vit dans une société ouverte, il y a bien des degrés entre le conflit et l'amitié intime. On dirait qu'il n'y a rien entre les deux, mais la réalité est différente », a déclaré Angela Merkel lors d'une conférence sur l'Europe à Berlin jeudi (16 mai).
Le parti de François Hollande a qualifié le mois dernier l'autorité d'Angela Merkel pendant la crise de la zone euro d' « égoïste » dans un document, modifié ultérieurement, qui révélait l'ampleur de l'hostilité en France provoquée par la campagne de la chancelière pour l'austérité budgétaire.
Les conservateurs au pouvoir en Allemagne n'ont cessé de critiquer l'incapacité du président français à réduire le déficit public.
Plus question de « Merkozy »
La chancelière allemande a toutefois déclaré devant un parterre de personnalités politiques et diplomatiques qu'elle avait une « bonne relation personnelle » avec M. Hollande et que les relations entre les deux plus grandes économies de l'Europe reposaient sur des « fondements très solides ».
Il est difficile d'égaler la relation étroite entre Angela Merkel et le prédécesseur conservateur de François Hollande, Nicolas Sarkozy, qui leur ont valu l'appellation « Merkozy ».
Selon le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, le précédent président de l'Eurogroupe, les articles de presse sur le langage corporel hostile entre François Hollande et Angela Merkel étaient « ridicules ».
Un an après son entrée en fonction, la cote de popularité du président français a atteint l’un des niveaux le plus bas pour un dirigeant depuis la Seconde Guerre mondiale. De son côté, la chancelière allemande obtient environ 60 % dans les sondages et remportera probablement un troisième mandat lors des élections du mois de septembre.
Alors qu'Angela Merkel ne porte pas dans son cœur les politiques socialistes de François Hollande, elle sait que la stabilité de l'Allemagne et de la zone euro dépendent de la réussite de son homologue français.
Elle a indiqué qu'elle et son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, étaient tous les deux « très optimistes » sur le fait que la France atteindrait un juste équilibre entre consolidation budgétaire et stimulation de la croissance.
« Nous ne critiquerons pas la France ouvertement », a déclaré M. Schäuble lors de la conférence. « Nous savons que la France peut faire – et, de fait, fait – beaucoup de choses mieux que l'Allemagne. »
L'Allemagne doit éviter de jouer les « je-sais-tout » quand elle donne des conseils à la France, a-t-il ajouté. Le ministre des affaires étrangères Guido Westerwelle a estimé que l'Allemagne devait éviter de faire preuve d'« arrogance teutonne ».