Angela Merkel met la croissance à l’agenda européen
Longtemps accusée de ne jurer que par l’austérité, la chancelière allemande fait un pas en direction de la relance de l’emploi et de l’investissement.
Longtemps accusée de ne jurer que par l’austérité, la chancelière allemande fait un pas en direction de la relance de l’emploi et de l’investissement.
Les prévisions de croissance annoncées la semaine dernière par la Bundesbank semblent avoir produit leur effet. En 2012, la croissance du pays s’établirait à 0,6%, « une traversée du désert » a prévenu la banque centrale allemande, contre les 3% attendus cette année.
Consciente de cette mise en garde, la chancelière fait évoluer son discours et parle désormais de relance économique. « La culture de la stabilité et la discipline budgétaire sont des facettes importantes, mais nous devons également nous concentrer sur la croissance et sur l’emploi », a-t-elle déclaré à l’issue d’une rencontre avec les représentants de la confédération syndicale allemande DGB, auxquels elle présentait les résultats du sommet européen des 8 et 9 décembre.
Parmi les investissements privilégiés, Angela Merkel cite les réseaux d’énergie et le très haut débit. Rappelant la nécessité d’échanger avec les autres pays européens sur les politiques de l’emploi, la dirigeante serait disposée à réintroduire des mesures de soutien public à l’emploi dans les entreprises affectées par les baisses de commande.
Plus de 20% de jeunes européens au chômage
Ces déclarations s’ajoutent au constat alarmant dressé par l’OCDE à l’occasion d’une conférence organisée à Paris sur l’emploi. L’organisation recommande d’augmenter le montant des allocations de chômage tout en accélérant l’accompagnement des jeunes, lourdement frappés par la crise. Plus de 20% d’entre eux sont sans emploi en Europe.
Les pays qui ont misé sur l’apprentissage et les programmes de suivi personnalisés, à l’instar des Pays-Bas ou de l’Allemagne, ont été épargnés par ce fléau. L’OCDE estime donc que les efforts financiers en direction de l’emploi des jeunes ne devraient pas être comptabilisés dans les dépenses publiques.