Angela Merkel contre un impôt européen pour financer le budget
La Chancelière allemande, Angela Merkel, a rejeté une proposition de la Commission européenne visant à introduire une taxe à l’échelle de l’UE pour aider à financer le budget après 2013.
La Chancelière allemande, Angela Merkel, a rejeté une proposition de la Commission européenne visant à introduire une taxe à l’échelle de l’UE pour aider à financer le budget après 2013.
« Je suis contre l’introduction d’une taxe européenne », a déclaré Angela Merkel, mardi 2 novembre à Bruxelles, à la suite d’une rencontre avec le premier ministre belge par intérim, Yves Leterme, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne (UE).
Actuellement, les trois quarts du budget de l’UE proviennent directement des gouvernements nationaux. 12 % des droits sur l’importation à partir de pays tiers et les 11 % restants représentent un pourcentage fixe du revenu de la TVA de chaque État membre.
Afin d’alimenter le futur budget de l’UE et de réduire sa dépendance aux contributions nationales, la Commission a récemment proposé de nouvelles sources de financement. Parmis les solutions avancées par Bruxelles, figurent une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) européenne, une taxe sur le transport aérien ou les transactions financières, l’énergie ou encore les entreprises.
Dans la mesure où les gouvernements nationaux doivent considérablement réduire leurs dépenses publiques, la Commission espère que ces options seront prises en considération. Les négociations débuteront l’année prochaine pour le budget 2014-2020.
Des États membres réticents
L’hostilité de Mme Merkel vis-à-vis d’une « taxe européenne » s’ajoute à l’opposition d’autres États membres tels que la France et le Royaume-Uni. Le budget à long terme a été abordé lors du sommet de l’UE des 28 et 29 octobre où le premier ministre britannique, David Cameron, s’est assuré un large soutien pour un plan allégé.
« Les chefs d’État et de gouvernement ont souligné qu’en même temps que le renforcement de la discipline fiscale dans l’Union, il était nécessaire que le budget de l’UE et celui de l’avenir [le budget 2014-2020, ndlr] reflète les efforts de consolidation entrepris par les États membres », peut-on lire dans les conclusions du sommet.
Parlement européen favorable aux ressources propres
Néanmoins, la Commission européenne peut compter le Parlement parmi ses puissants alliés. Ce dernier négociera le budget 2014-2020 avec les États membres.
L’eurodéputé français Joseph Daul, à la tête du Parti populaire européen (PPE) de centre-droit, le plus grand groupe au Parlement, a souligné que les gouvernements pourraient « même faire des économies et diminuer leurs contributions au budget de la Communauté s’ils acceptaient que l’Europe change le système financier, aujourd’hui obsolète, et qu’elle bénéficie de ses propres ressources ».