Andris Piebalgs pousse les États membres à respecter les promesses d’aide
Le commissaire en charge du développement a sommé les pays riches de ne pas renoncer à leurs engagements en vue d’aider les populations pauvres du monde, même si les États membres de l’UE luttent contre leurs propres problèmes financiers.
Le commissaire en charge du développement a sommé les pays riches de ne pas renoncer à leurs engagements en vue d’aider les populations pauvres du monde, même si les États membres de l’UE luttent contre leurs propres problèmes financiers.
« Un certain nombre d'États membres, pour des raisons très compréhensibles, mais regrettables, ont revu leurs ambitions à la baisse », a déclaré Andris Piebalgs, le commissaire en charge du développement, lors d'un discours lundi (17 décembre). « Il sera plus difficile d’atteindre nos engagements de 0,7 %. »
En 2000, les 15 États membres de l'UE se sont engagés à consacrer 0,7 % de leur revenu national brut à l'aide au développement d'ici 2015. Cet engagement coïncide avec les promesses d'aides aux pays en développement afin qu’ils réduisent de moitié la pauvreté dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Un seuil plus bas, 0,33 % du RNB, a été imposé aux 12 pays qui ont adhéré à l'UE depuis 2004.
Les crises actuelles de l'économie et de la dette souveraine impliquent que peu de pays de l'UE sont en mesure de remplir ces objectifs. Le budget d'EuropeAid est également confronté à des coupes après 2013, malgré la liste grandissante de promesses en vue d'aider les pays les moins avancés grâce à des améliorations dans le domaine de la santé, de l'éducation, de la nutrition ainsi que de l'accès à l'énergie et à l'eau.
Lors d'un discours devant la commission du développement du Parlement européen, M. Piebalgs a exhorté les eurodéputés à le rejoindre en incitant les dirigeants nationaux à dépenser plus d'argent à l'étranger. « Tous les [États] membres, même en ces temps difficiles, savent que la coopération au développement peut être plus efficace et produire de meilleurs résultats pour ceux qui en ont le plus besoin. »
Plusieurs États, dont l'Espagne, la Grèce, l'Irlande et le Portugal criblés de dette, ont réduit les dépenses d’aide, selon des données de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les mesures d'austérité pourraient réduire le budget d’aide de l’UE de près de 10 milliards d'euros pour la période entre 2014 et 2020 selon les dernières propositions discutées par les dirigeants de l'UE au cours du sommet de novembre à Bruxelles.
Des statistiques de l'OCDE indiquent que quatre pays, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suède, ont dépassé l'objectif des 0,7 %. Les deux plus grandes économies de l'Europe, l'Allemagne (0,4 %) et la France (0,46 %), ont dépensé une partie moins élevée du RNB en aide à l'étranger que l'Irlande (0,52 %) en 2011.
Pas prêts d'abandonner
Malgré les preuves que plusieurs États n'atteignent pas leurs objectifs en matière d'aide, M. Piebalgs a déclaré : « Nous ne pouvons pas abandonner […] Dès que nous perdons courage, ce sera la fin de l'histoire. »
« Tous les pays devraient avoir un projet crédible pour atteindre les 0,7 %, car si le RNB est moins élevé, alors le montant l’est [aussi]. »
Plusieurs eurodéputés ont aussi critiqué l'échec des gouvernements nationaux à chercher plus de fonds pour venir en aide aux pays pauvres.
« Nous devons poursuivre les pays qui ne font pas leur part », a déclaré Charles Goerens, un libéral démocrate luxembourgeois. Il a ajouté : « Tout doit être mis en oeuvre pour éradiquer la pauvreté. »
« Nous ne pouvons pas soutenir ceux qui disent qu'il est impossible de le faire. C'est le genre de [réaction] contre laquelle la commission doit réagir. »
M. Piebalgs a mis en avant les priorités de la commission du développement pour 2013. Elles incluent notamment :
- un projet de développement durable et de lutte contre la pauvreté avant une réunion internationale clé visant à trouver un successeur aux OMD. Cette réunion devrait avoir lieu à New York sous la houlette de l'ONU en septembre ;
- des propositions afin de venir en aide aux pays les moins avancés qui ne parviennent pas à atteindre les OMD en matière de santé, d'éducation, ainsi que d'accès à l'eau, à l’assainissement et à l'énergie ;
- un projet concernant la sécurité alimentaire pour lutter contre la famine et les problèmes nutritionnels dans les pays en développement.