Analyse : Le rapprochement avec le mouvement MAGA a-t-il été fatal à Orbán ?

Le ministre belge de la Défense conseille de fuir à toutes jambes une accolade électorale MAGA

EURACTIV.com
[Photo : Janos Kummer/Getty Images]

La défaite de Viktor Orbán constitue un revers pour Donald Trump, qui a présenté les « partis européens patriotes » comme un pilier de sa stratégie de sécurité nationale, et laisse entendre que le soutien du mouvement MAGA pourrait s’avérer un handicap.

Le président américain avait qualifié le dirigeant hongrois de rempart civilisationnel pour l’Europe et de modèle pour les dirigeants populistes.

Emmanuel Macron a salué ce résultat comme une « victoire de la participation démocratique, de l’attachement du peuple hongrois aux valeurs de l’Union européenne et pour la Hongrie en Europe ».

Pour ne pas être en reste, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a assuré : « Le cœur de l’Europe bat plus fort en Hongrie ce soir. »

Lors d’un rassemblement à Budapest la semaine dernière, les partisans du Fidesz d’Orbán ont applaudi lorsque JD Vance a appelé Trump en direct. « Je suis un grand fan de Viktor – je le soutiens à 100 %, les États-Unis le soutiennent à 100 % », a déclaré Trump.

Les électeurs hongrois n’ont pas été impressionnés.

Theo Francken, le ministre belge de la Défense, qui admirait autrefois la position ferme d’Orbán sur la lutte contre l’immigration clandestine, estime que ce résultat prouve qu’un soutien de Trump peut s’avérer fatal lors d’élections.

« Le soutien ouvert du mouvement MAGA pendant des élections est un poison plutôt qu’une bénédiction », a-t-il écrit sur X, en évoquant l’impact des commentaires MAGA qui ont favorisé les centristes au Canada ou affaibli les nationalistes en Allemagne.

Le soutien de Trump était sans précédent, mais s’inscrivait dans la stratégie plus large du président américain vis-à-vis de l’UE, présentée comme visant à « cultiver la résistance à la trajectoire actuelle de l’Europe ».

« L’Amérique encourage ses alliés politiques en Europe à promouvoir ce renouveau d’esprit, et l’influence croissante des partis patriotiques européens est en effet source d’un grand optimisme », indiquait sa stratégie de sécurité nationale en décembre dernier.

Depuis lors, Trump est entré en guerre contre l’Iran, déclenchant une spirale à la hausse des prix de l’énergie et de l’inflation qui a alarmé les Européens – ainsi que les « patriotes » qu’il soutient. L’Italienne Giorgia Meloni aurait refusé d’autoriser les États-Unis à utiliser une base aérienne sicilienne, tandis que Marine Le Pen et l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) se sont également distanciées.

Au lendemain du scrutin hongrois, la leçon d’Orbán pourrait bien être que le soutien de Trump est comparable à la corde pour un pendu. Cette défaite est un revers politique pour Trump qui doit désormais – plus que jamais – montrer que son étoile MAGA est en pleine ascension.

(cs)