Amazon renonce au rachat d’iRobot en raison des inquiétudes de l’UE en matière de concurrence
Amazon a renoncé à acquérir le fabricant d’aspirateurs intelligents iRobot, en raison des inquiétudes des régulateurs de l’UE, qui craignent que cette acquisition ne restreigne la concurrence sur le marché pour ce produit.
Le géant de l’e-commerce Amazon a renoncé à acquérir le fabricant d’aspirateurs intelligents iRobot, en raison des inquiétudes des régulateurs de l’UE, qui craignent que cette acquisition ne restreigne la concurrence sur le marché pour ce produit.
En août 2022, Amazon avait annoncé son intention d’acheter iRobot, qui fabrique les aspirateurs robotisés Roomba vendus sur la place de marché en ligne d’Amazon. Le montant de la fusion était estimé à 1,4 milliard de dollars.
Les deux entreprises ont signé un accord de résiliation qui règle toutes les questions en suspens liées à la transaction, y compris l’indemnité de résiliation précédemment convenue à payer par Amazon à iRobot.
L’Union européenne a ouvert une enquête approfondie sur la fusion en juillet 2023, craignant que celle-ci ne restreigne la concurrence sur le marché de la production et de la distribution d’aspirateurs intelligents. Certains pensaient également que cette fusion pourrait renforcer la position d’Amazon dans le secteur des services de marché en ligne destinés aux vendeurs tiers et aux services publicitaires correspondants, ainsi qu’aux autres marchés liés à la transmission de données.
Concrètement, la suspension de l’accord signifie que la multinationale américaine n’a pas pu prouver le contraire à l’UE.
En effet, depuis juillet, Amazon n’a pas apporté de réponses concrètes aux craintes de l’UE concernant d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles qui découleraient de l’acquisition, selon le site web de la Commission.
Dans ses conclusions préliminaires sur l’enquête, le service de l’UE chargé de la concurrence s’est inquiété du fait qu’Amazon pourrait être en mesure d’exclure les rivaux d’iRobot de sa place de marché, par exemple en mettant en avant iRobot dans ses publicités en empêchant en même temps ses rivaux d’acheter des espaces publicitaires.
L’entreprise pourrait également augmenter les coûts de commercialisation des appareils concurrents dans les boutiques Amazon ou accéder aux données des acheteurs, telles que les informations fournies par les utilisateurs, les informations collectées par les aspirateurs robots et les informations collectées par des parties tierces. Par exemple, si iRobot l’autorise, cela pourrait contribuer à la réalisation de publicités ciblées.
Amazon déplore les obstacles règlementaires « disproportionnés »
« Ce résultat privera les consommateurs d’une innovation plus rapide et de prix plus compétitifs, ce qui, nous en sommes convaincus, leur aurait rendu la vie plus facile et plus agréable », déplore David Zapolsky, vice-président principal et avocat général d’Amazon.
« Les fusions et acquisitions de ce type aident les entreprises comme iRobot à être plus compétitives sur le marché mondial, en particulier face à des entreprises et des pays qui ne sont pas soumis aux mêmes règlementations dans des secteurs technologiques en évolution rapide comme la robotique. »
M. Zapolsky a également ajouté que « les obstacles règlementaires excessifs et disproportionnés découragent les entrepreneurs, qui devraient pouvoir considérer une acquisition comme une voie menant à la réussite, ce qui nuit à la fois aux consommateurs et à la concurrence, c’est-à-dire aux éléments mêmes que les autorités de régulation affirment vouloir protéger ».
Colin Angle, le fondateur d’iRobot, a déclaré que l’entreprise allait maintenant se tourner « vers l’avenir avec l’objectif et l’engagement de continuer à construire des robots intelligents et des innovations domestiques intelligentes qui rendent la vie meilleure et que nos clients du monde entier adorent ».
Conformément au règlement de l’UE sur les concentrations, la Commission peut évaluer les fusions et les acquisitions d’entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse un certain seuil et interdire les opérations susceptibles d’entraver la concurrence dans l’Espace économique européen (EEE).
L’Autorité britannique de la concurrence et des marchés a également évalué la fusion.
Colin Raftery, directeur principal des fusions de l’Autorité britannique, a toutefois déclaré à Bloomberg en juin qu’après un examen approfondi, celle-ci était « assurée que l’opération n’aurait pas d’impact sur la concurrence au Royaume-Uni ».
Amazon se joint à Zalando pour contester sa désignation comme « très grande plateforme en ligne »
Amazon a engagé une procédure pour contester sa désignation par la Commission européenne comme une…
3 minutes
[Édité Anne-Sophie Gayet]