Almunia soutient les obligations européennes et dispose d’un plan d’aide pour l’eurozone [FR]

L’émission d’obligations européennes conjointes, ou d’emprunts soutenus par le budget européen, en vue de lever des fonds pour les Etats membres en difficulté est possible et légitime, mais irréaliste à court terme, a déclaré hier (3 mars) Joaquin Almunia, commissaire aux Affaires économiques. Pour la première fois, il a laissé entendre que l’UE disposait d’une stratégie pour venir en aide aux membres insolvables de l’eurozone.

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L’émission d’obligations européennes conjointes, ou d’emprunts soutenus par le budget européen, en vue de lever des fonds pour les Etats membres en difficulté est possible et légitime, mais irréaliste à court terme, a déclaré hier (3 mars) Joaquin Almunia, commissaire aux Affaires économiques. Pour la première fois, il a laissé entendre que l’UE disposait d’une stratégie pour venir en aide aux membres insolvables de l’eurozone.

Dans un important discours prononcé à Bruxelles, M. Almunia a éclairci deux des questions les plus controversées en Europe ces derniers mois. 

A la question de savoir si l’émission d’obligations communes est légitime, je vous répondrai à l’affirmative, a-t-il déclaré lors d’une conférence organisée par  l’European Policy Center (EPC). Il a précisé qu’il revenait aux Etats membres d’en décider et qu’ils étaient nombreux à s’opposer à cette idée. 

Le commissaire a jusqu’à présent évité tout commentaire clair au sujet de l’émission commune d’obligations gouvernementales par un groupe d’Etats membres, se cachant derrière l’opposition virulente de l’Allemagne et des Pays-Bas. 

Mais sous la pression grandissante du Fonds monétaire international (FMI), de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, de certains Etats membres et du Parlement européen, M. Almunia aurait pu être incité à adopter une position plus claire (EURACTIV 19/11/08).

Dans une autre déclaration clé, M. Almunia a déclaré que l’UE disposait d’une stratégie européenne pour venir en aide aux Etats membres de l’eurozone en difficulté économique. Par le passé, le commissaire s’était empressé de rappeler la présence dans le traité de clauses excluant des plans d’aide et toute autre opération de ce genre. 

Mais M. Almunia a adopté une nouvelle position hier après que le ministre allemand à l’Economie, Peer Steinbrück, a fait plusieurs déclarations lors des dernières semaines selon lesquelles Berlin pourrait intervenir dans le soutien d’un Etat membre de l’eurozone en difficulté.  

Si une crise éclate dans l’un des pays de l’eurozone, il y a une solution avant le recours au FMI, a déclaré M. Almunia, sans donner de détails sur la stratégie européenne. Il ne faut pas oublier que nous disposons de moyens pour interagir politiquement et économiquement pour faire face à la crise, mais ce genre de choses ne devrait pas être expliqué publiquement, a-t-il ajouté. 

L’une des mesures possibles serait d’émettre des obligations communes – emprunts soutenus par l’UE – qui pourraient aider les pays en difficulté à réduire leurs taux d’intérêt pour (re)financer leur dette. 

Par exemple, l’écart entre les rendements obligataires grec et allemand a augmenté de manière exponentielle ces derniers mois. Même scénario pour les obligations italiennes. Quant à l’Irlande, l’Autriche et le Portugal, ces pays sont également menacés. M. Almunia lui-même a réitéré hier sa mise en garde contre les écarts de rendement entre les obligations. 

Une autre solution pourrait impliquer la Banque centrale européenne (BCE), laquelle pourrait directement acheter les obligations gouvernementales, bien que cette mesure ne soit pas conforme à l’actuel traité sur l’UE. 

Se confiant à EURACTIV, le ministre polonais aux Affaires européennes, Mikolaj Dowgielewicz, a posé une question rhétorique : « Pourquoi est-ce à la BCE de sauver l’Europe de l’Ouest, et au FMI et à la BERD de sauver l’Europe de l’Est ? ». 

En effet, comme exemple des mesures d’aide pour l’Europe de l’Est, M. Almunia a encouragé l’intervention des capitaux des plus anciens Etats membres de l’UE, notamment par le biais de la recapitalisation des filiales régionales des institutions financières transfrontières, telles que les banques autrichiennes et italiennes, qui ont fortement investi dans l’Europe de l’Est ces dernières années. 

En outre, l’idée d’accélérer l’adhésion à l’eurozone semble faire un retour en force dans l’agenda, malgré l’opposition d’un grand nombre de leaders européens lors du sommet informel de dimanche dernier (EURACTIV 01/03/09). L’essai de deux ans avant que les pays puissent rejoindre le groupe (MCE II) pourrait ne pas être aussi contraignant qu’il l’avait semblé de prime abord. En effet, l’Italie, la Finlande et l’Irlande ont adhéré après des périodes d’essai plus courtes, a reconnu le porte-parole de M. Almunia. 

L’adhésion à l’eurozone pourrait aider les nouveaux Etats membres à répondre à l’extrême volatilité de leurs monnaies à l’heure actuelle. La Hongrie, la Pologne et la Bulgarie figurent parmi les pays qui font pression pour des critères plus flexibles.