Alliance franco-allemande sur le budget agricole

Après la visite du ministre de l’Agriculture français à Berlin, les deux pays ont annoncé un front commun sur le maintien du budget de la PAC sur la période 2014-2020.

EURACTIV.fr
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Après la visite du ministre de l’Agriculture français à Berlin, les deux pays ont annoncé un front commun sur le maintien du budget de la PAC sur la période 2014-2020.

La dotation financière à la Politique agricole commune (PAC) pour les années à venir a été mise en cause lors des derniers rounds de négociations à Bruxelles. Premier poste de dépense de l’Union européenne, elle est la cible de nombreuses attaques en ces temps d’austérité. 

>>> Lire : Vers une baisse des aides agricoles ?

La France et l’Allemagne, principales bénéficiaires de la PAC, ont décidé répliquer en annonçant une position commune sur « le maintien du budget agricole au niveau nominal de l’année 2013 pour la période 2014-2020 ». Cette démarche est intervenue au lendemain d’une visite du ministre de l’Agriculture français, Stéphane Le Foll à Berlin, le 9 octobre, où il a rencontré son homologue Ilse Aigner. 

Application pragmatique

Les deux pays considèrent que l’agriculture « contribue déjà le plus aux efforts de maîtrise de la dépense ». En stabilisant la dotation sur sept ans, sans ajustement en fonction de l’inflation, la baisse relative est estimée à 15%. 

Paris et Berlin se sont aussi mis d’accord sur quelques aspects techniques de la réforme. Les deux capitales acceptent le principe du verdissement, c’est-à-dire le conditionnement des aides versées aux agriculteurs au respect de certaines normes environnementales, mais demandent « de la flexibilité (…) pour garantir une application pragmatique ». 

Convergence progressive

Les ministres souhaitent aussi que la convergence du montant des aides entre les pays de l’Ouest et de l’Est de l’Europe soit « raisonnable et progressive ». Des pays comme la Pologne ou la Lettonie réclament un traitement égal entre tous les agriculteurs de l’UE. Les différences de salaires et de charges sont mises en avant par les anciens États membres.

A l’intérieur même de ces derniers, des différences existent entre exploitants, en raison des références historiques. Ce barême calcule le montant de l’aide en fonction de chiffres datant des années 1990. Stéphane Le Foll et Ilse Aigner sont là aussi en faveur d’une « convergence progressive ». 

Rien sur le PEAD

A noter que le communiqué commun ne fait pas état de la question du plafonnement des aides agricoles à 300 000 euros souhaitée par la Commission. Les autorités allemandes y ont toujours été farouchement opposées, en raison des nombreuses exploitations de grandes tailles sur le sol. 

La France et l’Allemagne en ont profité pour réaffirmer leur « attachement » aux droits de plantation. Par contre, pas un mot dans cette déclaration commune sur le programme européen d’aide alimentaire aux plus démunis (PEAD) que la France souhaite maintenir après 2013, alors que l’Allemagne souhaite y mettre un terme. 

Pour revenir sur ce sujet, lire : Victoire à la Pyrrhus sur l’aide