Allemagne : une pétition contre la livraison d’armes en Ukraine reçoit près de 700 000 signatures

Une pétition en ligne prônant la paix et s’opposant à la livraison d’armes supplémentaires à l’Ukraine a reçu un large soutien avec plus de 688 000 signatures depuis qu’elle a été rendue public.

EURACTIV Allemagne
Demonstration ‘Uprising for Peace’ in Berlin
Un « Manifeste pour la paix » de Mme Wagenknecht et Mme Schwarzer, qui se prononce contre la poursuite des livraisons d’armes, a atteint dimanche 680 000 signatures sur la plateforme de pétition « Change.org ». [Hannibal Hanschke/EPA-EFE]

Une pétition en ligne prônant la paix et s’opposant à la livraison d’armes supplémentaires à l’Ukraine a reçu un large soutien avec plus de 688 000 signatures depuis qu’elle a été rendue public.

Si cette pétition semble être au coeur de toutes les attentions, cela ne se traduit pas dans la rue. Une manifestation organisée à Berlin samedi (25 février) par la députée Sahra Wagenknecht (Die Linke/Gauche européenne) et l’auteure féministe Alice Schwarzer, n’a attiré que quelques milliers de personnes.

13 000 personnes ont rejoint la manifestation près de Brandenburger Tor, selon les données de la police. Les organisateurs ont toutefois contesté ce chiffre officiel, affirmant que 50 000 personnes étaient présentes.

Un « Manifeste pour la paix » de Mme Wagenknecht et Mme Schwarzer, qui se prononce contre la poursuite des livraisons d’armes, a atteint dimanche 680 000 signatures sur la plateforme de pétition « Change.org ».

« L’Ukraine peut gagner des batailles individuelles — avec le soutien de l’Occident. Mais elle ne peut pas gagner une guerre contre la plus grande puissance nucléaire au monde », peut-on lire dans le manifeste, qui exhorte le chancelier Olaf Scholz (SPD/S&D) à « mettre fin à l’escalade des livraisons d’armes ».

Il devrait plutôt « prendre la tête d’une alliance puissante au niveau international et européen pour un cessez-le-feu et des négociations de paix », écrivent Mme Wagenknecht et Mme Schwarzer.

« Il est à craindre que Poutine lance une contre-attaque maximale au plus tard en cas d’attaque de la Crimée. Nous dirigeons-nous alors inexorablement sur une pente glissante vers une guerre mondiale et une guerre nucléaire ? », peut-on lire dans le manifeste.

« Ce ne serait pas la première guerre majeure qui aurait commencé de cette façon. Mais ce pourrait être la dernière », ajoute-t-il.

La manifestation, à laquelle ont également participé certaines personnalités de l’extrême droite, comme l’éditeur Jürgen Elsässer, a été vivement critiquée par des représentants du gouvernement allemand ainsi que par le plus grand parti d’opposition, la CDU.

« Toute personne saine d’esprit souhaite la paix », a déclaré le vice-chancelier Robert Habeck (Verts) à la chaîne de télévision ARD, vendredi (24 février).

Mais « ce que Sahra Wagenknecht et ceux qui la suivent font, ce n’est pas d’appeler à la paix, mais de vendre comme paix quelque chose qu’un dictateur impérialiste impose à l’Europe », a-t-il ajouté, faisant référence au président russe Vladimir Poutine.

Le leader de l’opposition Friedrich Merz, du parti conservateur CDU (PPE), a lui aussi critiqué le groupe, estimant qu’« il existe déjà un manifeste pour la paix », en référence à la résolution de l’ONU visant à mettre fin à la guerre.

« Dans la semaine précédant le premier anniversaire de la guerre, l’Assemblée générale des Nations unies à New York a de nouveau appelé à une écrasante majorité à la fin des hostilités et au retrait par Poutine de ses troupes russes d’Ukraine », a-t-il écrit dans un courriel adressé aux partisans de la CDU.

Le « soi-disant “Manifeste pour la paix” » de Mme Wagenknecht et Mme Schwarzer, en revanche, serait « une capitulation devant la force militaire pure de Poutine et de son régime », a écrit M. Merz, le qualifiant d’« attitude anti-historique ».