Allemagne : les économies de gaz sont insuffisantes, selon le directeur de l’Agence fédérale des réseaux

En Allemagne, les économies de gaz sont inférieures au niveau nécessaire pour éviter les pénuries, a averti l’Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur).

Euractiv.com
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« Actuellement, les économies totales [de gaz en Allemagne] ne sont que de 13 % », a confié le directeur de la Bundesnetzagentur, Klaus Müller, au quotidien Tagesspiegel lundi (12 décembre). [Shutterstock/nitpicker]

En Allemagne, les économies de gaz sont inférieures au niveau nécessaire pour éviter les pénuries, a averti l’Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur). Durant une vague de froid la semaine dernière, l’objectif de réduction de 20 % de la consommation de gaz n’a pas été atteint.

Ces dernières années, environ la moitié des importations allemandes de gaz venaient de Russie. Puisque ces flux ont été considérablement réduits et qu’il n’est plus possible d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL), le régulateur allemand a tiré la sonnette d’alarme. De plus, l’objectif de 20 % d’économies de gaz est en danger.

« Actuellement, les économies totales [de gaz en Allemagne] ne sont que de 13 % », a confié le directeur de la Bundesnetzagentur, Klaus Müller, au quotidien Tagesspiegel lundi (12 décembre).

« Si cela reste un cas isolé, nous ne devons pas encore nous inquiéter. Mais il continuera à faire froid au cours des prochains jours », a-t-il poursuivi. Par ailleurs, les perspectives que la météo soit clémente, et donc que la demande de gaz diminue, semblent de plus en plus lointaines.

Vendredi (9 décembre), l’agence météorologique allemande DWD a averti qu’un hiver doux était beaucoup moins probable (une probabilité de 5 %) qu’un hiver relativement froid (38 %).

Une longue vague de froid résulterait en une flambée de la consommation de gaz. « Avec des températures de moins dix degrés, la consommation de gaz monte en flèche », a prévenu M. Müller.

« Il est donc important que nous ne relâchions pas nos efforts pour économiser du gaz et que nous fassions preuve de persévérance au cours de l’hiver », a-t-il souligné.

Pour l’instant, les stocks de gaz en Allemagne sont toujours remplis à 95 %. Cependant, puisque son principal fournisseur n’est plus disponible, Berlin doit compter sur les terminaux flottants de GNL, mais ceux-ci ne sont pas encore opérationnels, partiellement en raison d’un épisode de mauvais temps qui a ralenti les travaux.

« Maintenant, nous disposons de différentes sources de gaz, [et] nous allons bientôt disposer de trois terminaux de gaz liquéfié de Norvège et des Pays-Bas via la Belgique et également via la France. Nous sommes bien approvisionnés », a indiqué M. Müller.

Contrairement aux années précédentes, l’Allemagne et la France semblent aujourd’hui avoir échangé leurs rôles.

En effet, auparavant, Berlin envoyait du gaz à la France en échange d’électricité produite à partir d’énergie nucléaire. Toutefois, en raison de la situation difficile dans laquelle se trouve le parc nucléaire français, c’est l’Hexagone qui reçoit à présent des importations nettes d’électricité en provenance d’Allemagne.

Appel à l’action

L’Union chrétienne-démocrate (Christlich Demokratische Union Deutschlands, CDU), le plus grand parti d’opposition du pays, a appelé le gouvernement allemand à redoubler d’efforts.

« Cela doit être un signal d’alarme pour le gouvernement fédéral. Des mesures doivent être prises à court terme et il faut sensibiliser davantage les gens », a indiqué le porte-parole de la CDU en matière de politique énergétique Andreas Jung au média Funke Mediengruppe.

La campagne d’économies d’énergie soutenue par le gouvernement lancée en juin a été largement considérée comme un échec, à la fois en raison de sa nature volontaire et du manque de soutien politique à un haut niveau.

Le chancelier allemand Olaf Scholz devrait inviter les citoyens allemands à économiser le gaz, a souligné M. Jung. « Maintenant, on a besoin d’une communication très claire de la part du gouvernement fédéral : chaque geste pour économiser l’énergie doit être considéré.  »

En cas de pénurie de gaz, les industries à forte intensité énergétique vont devoir réduire leur production, car l’approvisionnement des ménages et des infrastructures critiques est prioritaire.

Un ensemble de cinq indicateurs publiés par la Bundesnetzagentur envoie des signaux de plus en plus alarmants, alors que ces indicateurs étaient auparavant stables puisque les prévisions météorologiques sont jugées « critiques » et le niveau de consommation de gaz « préoccupant ».

Mais les niveaux de stockage de gaz, la situation dans les pays voisins et l’interaction entre la demande d’énergie et les offres commerciales sont toujours considérés comme « stables ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]