Allemagne : le favori des élections, Friedrich Merz, rétropédale sur l’« ultimatum » à la Russie au sujet des missiles à l'Ukraine

Mardi 3 décembre, Friedrich Merz, favori pour les élections allemandes anticipées, est revenu sur sa rhétorique ferme à l’égard de la Russie, niant les accusations selon lesquelles il aurait menacé Vladimir Poutine d’un ultimatum sur la livraison de missiles allemands de longue portée Taurus.

EURACTIV.com
CDU leader flies in the Eurofigther
La CDU devrait former une coalition avec l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), qui prône une approche conciliante à l’égard de la Russie, dans l’État de Thuringe, dans l’est de l’Allemagne, à la suite des élections régionales de septembre. L’accord de coalition souligne notamment la nécessité de trouver des moyens « diplomatiques » pour mettre fin à la guerre et remet en question le stationnement de missiles américains sur le territoire allemand. [Michael Kappeler/picture alliance via Getty Images]

Mardi 3 décembre, Friedrich Merz, favori pour les élections allemandes anticipées, est revenu sur sa rhétorique ferme à l’égard de la Russie, niant les accusations selon lesquelles il aurait menacé Vladimir Poutine d’un ultimatum sur la livraison de missiles allemands de longue portée Taurus.

Friedrich Merz et son parti l’Union chrétienne-démocrate (CDU, Parti populaire européen), figurent en tête des sondages en vue des prochaines élections anticipées en Allemagne. Ce dernier a longtemps fait pression pour que Berlin fournisse des missiles Taurus à Kiev, affirmant en octobre que le chancelier Olaf Scholz devrait donner son feu vert aux livraisons si la Russie ne cessait pas ses attaques contre les infrastructures civiles « dans les 24 heures ».

Cette décision est controversée, car Olaf Scholz (Parti social-démocrate, Socialistes et Démocrates européens), a exclu pour sa part toute livraison en invoquant le risque d’entraîner l’Allemagne dans la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine.

Mardi 3 décembre, Friedrich Merz a semblé revenir sur sa rhétorique belliqueuse, affirmant qu’il n’avait jamais fixé d’ultimatum pour la livraison, contrairement aux accusations du chancelier.

« À aucun moment je n’ai posé d’ultimatum à [Vladimir] Poutine », a déclaré le chef de l’opposition aux journalistes présents au parlement allemand.

« J’ai proposé à l’Ukraine de lever la limite des champs de tir [pour les armes européennes] et de permettre les livraisons de Taurus, dans chaque cas aux conditions déterminées par l’Ukraine », a-t-il souligné, ajoutant que cela était « au service d’un cessez-le-feu ».

Le chancelier avait déclaré dans un discours de campagne samedi que Friedrich Merz voulait « donner un ultimatum à la Russie, une puissance nucléaire ».

Je ne peux que dire « Attention » : ne jouez pas à la roulette russe avec la sécurité de l’Allemagne », a averti le chancelier, ce que Friedrich Merz a qualifié de « jeu avec la peur de la guerre ».

Campagne controversée

Le gouvernement ukrainien a demandé à plusieurs reprises à l’Allemagne de lui livrer des missiles Taurus, dont la portée particulièrement longue pourrait aider ses forces armées à frapper au-delà des lignes ennemies.

La CDU a toutefois atténué son discours à ce sujet au cours des dernières semaines. Friedrich Merz a entièrement évité le sujet de l’Ukraine lors du débat parlementaire du mois dernier sur les prochaines élections anticipées.

La CDU devrait également former une coalition avec l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW) dans l’État de Thuringe, dans l’est de l’Allemagne, à la suite des élections régionales de septembre. La BSW prône une approche conciliante à l’égard de la Russie. L’accord de coalition souligne notamment la nécessité de trouver des moyens « diplomatiques » pour mettre fin à la guerre et remet en question le stationnement de missiles américains sur le territoire allemand.

Le sujet s’annonce comme un thème majeur de la campagne électorale avant les élections, qui doivent avoir lieu le 23 février prochain — Olaf Scholz se rendant cette semaine à Kiev pour approfondir le sujet.

Alors que le chancelier a été critiqué par Kiev et ses opposants politiques pour sa position hésitante sur le soutien militaire à l’Ukraine, la plupart des Allemands le soutiennent sur la question des missiles Taurus. 61 % des personnes interrogées dans le cadre d’un sondage réalisé par ARD en novembre étaient opposées à la livraison des missiles, dont 76 % des personnes interrogées dans l’ancienne Allemagne de l’Est, État satellite de l’ex-Union soviétique.

Un sondage Forsa publié mardi a également montré que les deux responsables étaient au coude à coude en ce qui concerne la compétence perçue en matière d’Ukraine, avec un soutien pour les politiques d’Olaf Scholz et de Friedrich Merz en matière d’Ukraine de 32 % et 31 %, respectivement.

Le SPD d’Olaf Scholz occupe toujours la troisième position dans les sondages, loin derrière la CDU et le part d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD, Europe des nations souveraines).