Allemagne : le chef de la CDU Friedrich Merz est ouvert à ce que l'UE emprunte pour s'armer

Friedrich Merz, tête de liste de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) pour les élections de février, s’est dit ouvert à un endettement commun de l'Union européenne (UE) pour financer le renforcement de l’appareil militaire du continent.

EURACTIV.com
White sausage breakfast Merz and Söder
Friedrich Merz, tête de liste des chrétiens-démocrates conservateurs (CDU/CSU) pour les élections de février, n’est plus catégoriquement opposé à une nouvelle dette commune. [Oliver Berg/picture alliance via Getty Images]

BERLIN — Friedrich Merz, tête de liste de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) pour les élections de février, s’est dit ouvert à un endettement commun de l’Union européenne (UE) pour financer le renforcement de l’appareil militaire du continent.

Face à la menace croissante de la Russie, les États de l’UE s’efforcent de reconstruire les fragiles structures de sécurité du continent, après des années de sous-financement.

Le gouvernement allemand a toutefois jusqu’à présent bloqué les efforts de Bruxelles visant à utiliser une dette commune pour débloquer de nouveaux fonds.

Une situation qui pourrait bientôt évoluer, puisque Friedrich Merz, tête de liste des chrétiens-démocrates (CDU/CSU) et favori des élections de février, n’est plus catégoriquement opposé à l’émission de cette dette.

« La méthode que nous utilisons pour financer [l’augmentation des achats militaires européens] est une question que je souhaite expressément laisser ouverte aujourd’hui, et que j’ai laissée ouverte lors des discussions », a-t-il déclaré ce week-end, après avoir été interrogé sur les obligations de défense, en marge d’une rencontre avec les autres dirigeants des mouvements du Parti populaire européen (PPE).

L’harmonisation des normes militaires européennes et des marchés publics devrait d’abord avoir lieu, a ajouté Friedrich Merz. Ce n’est qu’ensuite que des investissements pourront être réalisés.

« Nous devons tous dépenser beaucoup d’argent, mais nous devons le faire de manière efficace », a-t-il déclaré.

La Commission européenne estime que l’industrie de la défense et les forces armées de l’UE auront besoin d’environ 500 milliards d’euros supplémentaires lors de la prochaine décennie. Les États de l’UE ont déjà consacré un montant record de 326 milliards d’euros de leur budget à la défense pour la seule année 2024.

L’Allemagne a augmenté ses dépenses de sécurité, jusqu’alors anémiques, en créant un fonds spécial de 100 milliards d’euros après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Toutefois, le chancelier Olaf Scholz (Parti social-démocrate/SPD) avait exclu l’utilisation d’instruments européens, tels qu’une nouvelle dette commune, connue sous le nom d’« obligations de défense ».

Kyriakos Mitsotakis propose un fonds de 100 milliards d’euros

Alors que seuls les Verts allemands sont favorables à cette nouvelle dette, l’intervention de Friedrich Merz pourrait augurer d’un changement de position à Berlin.

Plusieurs partis du PPE ont déjà évoqué des propositions concrètes.

Le Premier ministre grec de centre-droit, Kyriakos Mitsotakis, a expliqué ce week-end à Table.Media avoir, avec le Premier ministre polonais Donald Tusk, proposé aux autres États de l’UE un « petit fonds de défense européen ciblé », similaire au fonds de relance de l’UE en cas de pandémie, qui serait doté de 100 milliards d’euros.

L’emprunt commun est également soutenu par la France, le Danemark et certains pays de l’Est.

[LG/AM]