Allemagne : l’avenir politique d’Olaf Scholz en jeu

À l’approche des élections anticipées de février et face à des sondages préoccupants, de plus en plus de responsables du Parti social-démocrate du chancelier Olaf Scholz voient en Boris Pistorius, actuel ministre de la Défense, un meilleur candidat pour la course à la chancellerie.

EURACTIV.com
G20 summit
La direction du SPD, parti fragilisé par des sondages en berne, s’est réunie à distance mardi 19 novembre dans un contexte de spéculations croissantes sur l’avenir politique du chancelier Olaf Scholz, potentiellement en lice pour un second mandat mais dont la cote de popularité est au plus bas en amont des élections anticipées de février. [Getty Images/Kay Nietfeld_picture alliance]

À l’approche des élections anticipées de février et face à des sondages préoccupants, de plus en plus de responsables du Parti social-démocrate (SPD) du chancelier Olaf Scholz voient en Boris Pistorius, actuel ministre de la Défense, un meilleur candidat pour la course à la chancellerie.

La direction du SPD, parti fragilisé par des sondages en berne, s’est réunie à distance mardi 19 novembre dans un contexte de spéculations croissantes sur l’avenir politique du chancelier Olaf Scholz, potentiellement en lice pour un second mandat mais dont la cote de popularité est au plus bas en amont des élections anticipées de février.

De plus en plus de responsables du parti plaident pour que le ministre de la Défense, Boris Pistorius, perçu comme une étoile montante du parti, devienne tête de liste pour ce scrutin important.

Selon le parti, la réunion « régulière » de mardi avait pour objectif d’aborder des questions relatives à l’organisation de la campagne à venir. Cependant, les médias allemands ont rapporté que les discussions auraient également porté sur la question du soutien du parti à Olaf Scholz comme candidat à la chancellerie.

Parmi les participants figuraient les co-dirigeants du parti, Saskia Esken et Lars Klingbeil, le secrétaire général Matthias Miersch et Olaf Scholz lui-même, qui devait rentrer du sommet du G20 au Brésil à peu près à la même heure.

La réunion a eu lieu après que plusieurs membres du parti ont publiquement remis en question la candidature d’Olaf Scholz à un second mandat, qui n’a par ailleurs pas encore été officiellement confirmée.

« Beaucoup de soutien » pour Boris Pistorius

Dirk Wiese et Wiebke Esdar, qui dirigent la délégation du SPD de l’État le plus peuplé d’Allemagne, la Rhénanie-du-Nord–Westphalie, au sein du parlement allemand, font partie des opposants à une candidature d’Olaf Scholz.

« L’accent est mis sur la question de savoir quelle est la meilleure formation politique pour cette élection », ont déclaré les deux députés à la chaîne publique WDR lundi 18 novembre, ajoutant qu’ils avaient remarqué « beaucoup de soutien » à la candidature de Boris Pistorius à la fonction de chancelier.

Le ministre de la Défense est actuellement le responsable politique allemand le plus populaire dans les différents sondages et est donc de plus en plus considéré comme celui qui pourrait remplacer Olaf Scholz. L’actuel chancelier est quant à lui tombé à la dernière place dans le classement de popularité INSA de cette semaine, un classement qui reprend les principaux responsables politiques allemands.

Dans les sondages préélectoraux, le SPD n’arrive qu’en troisième position, à environ 15 %, derrière les chrétiens-démocrates (CDU/CSU) et l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) d’extrême droite.

Mardi, Boris Pistorius a déclaré dans une interview sur une éventuelle candidature à la chancellerie qu’il n’excluait « rien en politique », mais il a ajouté plus tard qu’il pensait qu’Olaf Scholz resterait la tête de liste pour le scrutin de février.

Entre-temps, Olaf Scholz a déclaré à RTL/NTV à Rio de Janeiro, au Brésil, que les « discussions qui ont lieu sont tout à fait correctes, mais nous voulons gagner ensemble ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]