Allemagne : la CDU gouvernera la prochaine coalition, selon son chef

Le chef de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (Christlich Demokratische Union, CDU), Friedrich Merz, est convaincu que son parti dirigera le prochain gouvernement fédéral, a-t-il déclaré dans sa newsletter hebdomadaire samedi (3 février).

EURACTIV Allemagne
35th party convention of the CDU in Hannover
En tant que président du CDU (Parti populaire européen, PPE), qui est actuellement le principal parti d’opposition du pays, M. Merz est persuadé que son parti gouvernera après les prochaines élections nationales. [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

Le chef des chrétiens démocrate d’Allemagne (CDU), Friedrich Merz, est convaincu que son parti dirigera le prochain gouvernement fédéral, a-t-il déclaré samedi (3 février), présentant par la même occasion les partenaires potentiels de la coalition.

En tant que président de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (Christlich Demokratische Union, CDU, en allemand), actuellement principal parti d’opposition du pays, M. Merz est persuadé que son parti gouvernera après les prochaines élections nationales.

Il est « largement incontesté dans l’opinion publique […] que le CDU/CSU dirigera le prochain gouvernement fédéral », a écrit M. Merz dans sa newsletter hebdomadaire.

Depuis quelque temps, le CDU devance largement les autres partis dans les sondages avec environ 32 % des intentions de vote. En face, les partis au pouvoir, le SPD (Socialistes et Démocrates, S&D), les Verts et le FDP (Renew), libéral ont perdu beaucoup de soutien.

Afin d’obtenir un changement de cap politique en Allemagne, M. Merz s’est fixé pour objectif d’être au moins deux fois plus important que le SPD et les Verts lors des prochaines élections nationales en 2025.

Ce dernier consent toutefois qu’une coalition sera nécessaire. Son premier choix se porte, dès lors, sur les libéraux du FDP, bien qu’il s’interroge sur leur survie.

« On peut se demander s’ils survivront en tant que parti », a-t-il déclaré.

Une coalition avec le SPD ou les Verts ne serait pas « une perspective particulièrement attrayante, mais une majorité gouvernementale est indispensable », a-t-il fini par écrire.

Impossible coalition avec l’extrême-droite

Bien qu’il n’ait exclu aucun des partis actuellement au pouvoir comme partenaires potentiels, il a déclaré que « ce ne sera certainement pas l’AfD ». « En tant que parti de droite radicale, il est hors de question pour nous d’envisager un tel partenariat ».

Hors de question, non plus, de viser une coalition avec la gauche radicale (Die Linke, en allemange).

« Chaque vote en faveur de l’un de ces partis [l’AfD ou la Gauche] rend plus difficile, et non plus facile, un véritable changement politique en Allemagne ».

Des questions similaires pourraient se poser lors des élections européennes de juin.

Les sondages indiquant une majorité de blocage de droite, le groupe européen auquel est affilié le CDU, le Parti populaire européen (PPE), devrait remporter un nombre similaire de sièges qu’en 2019, tandis que le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE) et le groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) devraient tous deux réaliser des gains importants, selon les derniers sondages d’Europe Elects.

Toutefois, M. Merz ayant rejeté toute forme de coalition avec l’AfD, il est peu probable que l’aile droite envisage une relation étroite avec ID, d’autant plus que l’AfD reste un membre clé du groupe.

Bien que la différence entre certaines délégations d’ID et du PPE soit fine, « une coopération plus étroite avec le PPE est particulièrement difficile en raison de la situation en Allemagne », a déclaré récemment Gunnar Beck, chef de l’AfD au Parlement européen, dans une interview pour Euractiv.