Allemagne : Friedrich Merz échoue à être élu chancelier au premier tour
Le candidat désigné à la chancellerie allemande, Friedrich Merz, n'a pas obtenu mardi 6 mai la majorité nécessaire au Parlement pour être élu dès le premier tour. Une situation inédite, d'autant plus que sa coalition dispose de la majorité au sein de l'hémicycle.
Cet article a été mis à jour avec de nouvelles informations concernant le second vote.
Le candidat désigné à la chancellerie allemande, Friedrich Merz, n’a pas obtenu mardi 6 mai la majorité nécessaire au Parlement pour être élu dès le premier tour. Une situation inédite, d’autant plus que sa coalition dispose de la majorité au sein de l’hémicycle.
Le chef de file de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) n’a recueilli que 310 voix sur les 630 députés que compte le Bundestag, alors que 316 étaient nécessaires pour décrocher la majorité absolue. 307 députés ont voté contre lui et trois se sont abstenus.
La coalition gouvernementale — composée de la CDU et de son parti frère bavarois, la CSU, ainsi que du Parti social-démocrate (SPD) — dispose pourtant d’une majorité de 328 sièges qui aurait été largement suffisante pour confirmer le chancelier.
Cette situation est inédite : jamais dans l’histoire de l’Allemagne fédérale d’après-guerre un candidat désigné à la chancellerie n’avait échoué à être élu dès le premier tour.
L’échec du premier tour a jeté un froid dans l’hémicycle. Après l’annonce des résultats par la présidente du Bundestag, Julia Klöckner, un silence pesant s’est abattu dans la salle. La séance a été immédiatement suspendue pour permettre aux groupes parlementaires de se réunir.
Friedrich Merz ne s’est pas encore exprimé depuis l’annonce des résultats.
Prochaines étapes
Un nouveau vote aura lieu ce mardi à 15h15, a indiqué Jens Spahn, chef du groupe parlementaire du bloc CDU/CSU de centre-droit, dans l’après-midi.
« Toute l’Europe, voire le monde entier, a les yeux rivés sur ce second tour… J’appelle chacun à prendre conscience de cette responsabilité particulière », a-t-il rappelé, ajoutant que les chrétiens-démocrates et leurs alliés bavarois étaient unis derrière Friedrich Merz.
En cas d’échec lors du deuxième tour, un troisième et dernier vote pourra être organisé. Cette fois, seule une majorité relative suffira — un résultat que Friedrich Merz a déjà obtenu lors du premier tour.
Si le chancelier est élu à la majorité relative au troisième tour, le président allemand Frank-Walter Steinmeier pourra le nommer dans un délai de sept jours ou dissoudre le Bundestag et organiser des élections anticipées.
D’ici là, Olaf Scholz reste en fonction en tant que chancelier par intérim, assurant la continuité de l’exécutif.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]