Allemagne : Annalena Baerbock renonce à la chancellerie et ouvre la voie à Robert Habeck

La ministre écologiste allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a annoncé qu’elle n’avait pas l’intention de se représenter à la chancellerie lors des élections fédérales de 2025, ce qui fait du ministre de l’Économie, Robert Habeck, le candidat le plus susceptible d’être élu.

Euractiv.com
Réunion du cabinet du gouvernement allemand
epa11438613 La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock (à gauche) et le ministre allemand de l'Économie et du Climat Robert Habeck (à droite), assistent à une réunion du cabinet du gouvernement allemand à Berlin, Allemagne, 26 juin 2024. Lors de sa 106ème réunion, les membres du cabinet s'apprêtent à discuter d'une modernisation de la loi sur l'arbitrage. EPA-EFE/CLEMENS BILAN

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a annoncé qu’elle n’avait pas l’intention de se représenter à la chancellerie en tant que candidate des Verts lors des élections fédérales de 2025, ce qui fait du vice-chancelier et ministre de l’Économie, Robert Habeck, le candidat le plus susceptible d’être élu.

Annalena Baerbock, candidate de l’Alliance 90/Les Verts (Verts/ALE) aux élections fédérales de 2021, a déclaré à la chaîne américaine CNN, en marge du sommet de l’OTAN à Washington, qu’elle souhaitait se concentrer sur son travail actuel.

« Le monde est différent de celui des dernières élections nationales allemandes », a expliqué Annalena Baerbock. « À la lumière de la guerre d’agression menée par la Russie, et maintenant également de la situation dramatique au Moyen-Orient, [le monde] a besoin de plus de diplomatie, et pas moins. »

« C’est pourquoi, en ces temps de crise, je pense que la responsabilité politique signifie — en tant que ministre des Affaires étrangères — de ne pas se laisser enfermer dans une candidature à la chancellerie. Au lieu de cela, je dois continuer de déployer toute mon énergie en tant que ministre des Affaires étrangères », a-t-elle ajouté.

Sa renonciation ouvre la voie à Robert Habeck — le plus ancien ministre des Verts — pour se porter candidat du parti, ce qu’il avait déjà prévu de faire la dernière fois, mais il y avait finalement renoncé pour laisser Annalena Baerbock prendre les devants au cours d’une réunion à huis clos.

Dans sa première réaction à cette annonce, le ministre de l’Économie a salué l’« excellente » performance de sa collègue en tant que ministre des Affaires étrangères et a déclaré que la décision serait prise au sein des commissions du parti et « annoncée en temps utile ».

La candidature d’Annalena Baerbock en 2021 avait été confrontée à de nombreux obstacles, qui ont vu son parti écologiste passer d’une brève période en tête des sondages à la troisième place, derrière le Parti social-démocrate d’Allemagne d’Olaf Scholz (SPD, Socialistes et Démocrates/S&D) et l’opposition conservatrice, l’Union chrétienne-démocrate (CDU/CSU, Parti populaire européen/PPE).

L’actuelle ministre des Affaires étrangères avait notamment été accusée d’irrégularités dans son CV, ainsi que de plagiat dans un essai paru quelques mois avant les élections où elle exposait sa vision politique et personnelle du monde.

Robert Habeck, quant à lui, a perdu une grande partie de sa cote de popularité, car on lui reproche surtout la loi sur le chauffage « vert » que de nombreux opposants considèrent trop restrictive.

Actuellement, les Verts n’obtiennent que 13 % dans les sondages, loin derrière la CDU/CSU (31 %), le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD, 17 %) et le SPD (14 %), comme l’ont d’ailleurs montré les résultats des élections européennes du 9 juin.

Le leader de la CDU, Friedrich Merz, est donc en pole position pour la prochaine chancellerie, bien que son parti refuse de se prononcer officiellement sur la question avant les trois élections régionales dans les Länder est-allemands de Saxe, de Thuringe et de Brandebourg, en septembre de cette année.

Le SPD, principal parti au pouvoir, devrait présenter à nouveau Olaf Scholz, car l’autre candidat socialiste, le ministre de la Défense Boris Pistorius s’est prononcé en faveur d’Olaf Scholz en juin, malgré qu’il jouisse d’une plus grande popularité que l’actuel chancelier.

Le parti d’extrême droite AfD a annoncé qu’il désignerait probablement aussi un candidat au poste de chancelier, malgré le « cordon sanitaire » qui empêche tous les autres grands partis d’entrer dans une coalition gouvernementale avec lui. Dans une récente interview accordée à la chaîne de télévision ARD, le coprésident du parti, Tino Chrupalla, n’a pas voulu préciser qui, de lui ou de sa coprésidente Alice Weidel, serait désigné comme candidat.

[Édité par Anna Martino]