Alexandr Vondra : "Il faut faire attention aux priorités d’une partie de l’UE par rapport à l’autre"
A l’occasion d’une de ses visites officielles à Paris, le vice-Premier ministre tchèque chargé des Affaires européennes, Alexandr Vondra, a fait le point, dans un entretien accordé à EURACTIV.fr, sur le programme de la future Présidence tchèque de l’UE. Il a également expliqué les positions de son pays sur le paquet climat ou l’Union méditerranéenne.
A l’occasion d’une de ses visites officielles à Paris, le vice-Premier ministre tchèque chargé des Affaires européennes, Alexandr Vondra, a fait le point, dans un entretien accordé à EURACTIV.fr, sur le programme de la future Présidence tchèque de l’UE. Il a également expliqué les positions de son pays sur le paquet climat ou l’Union méditerranéenne.
En bref :
« Je n’ai pas la sensation que la communication de la France sur sa future présidence de l’UE soit trop agressive », a confié le vice-Premier ministre tchèque chargé des Affaires européennes, Alexandr Vondra, à EURACTIV France lors de sa visite officielle à Paris, mardi 12 février.
Le vice-Premier ministre trouve positif le retour de la France en Europe annoncé par Nicolas Sarkozy . « Nous verrons cependant comment cela se passera lorsque nous prendrons la présidence, mais je crois que les Français sauront respecter notre domaine d’action », ajoute-t-il.
Il reconnaît malgré tout avoir certaines divergences de vues avec la France, notamment au sujet de la politique agricole commune « sur laquelle nous sommes plus libéraux », ou sur le projet d’Union méditerranéenne. « Il faut faire attention aux priorités d’une partie de l’UE par rapport à l’autre, car, avec ce type d’approche, certains pourraient avoir envie de créer l’Union de la mer Baltique, ou de la Mer du Nord. Il s’agit d’avoir une attitude mesurée dans ce genre de domaine ».
La France, la République tchèque et la Suède devraient présenter, au mois de mai prochain, un programme commun pour les dix-huit mois au cours desquels ces trois pays seront, à tour de rôle, à la tête de l’UE, c’est-à-dire entre juillet 2008 et fin décembre 2009.
La future présidence tchèque devrait être placée sous le signe de « l’Europe sans barrières », a annoncé le gouvernement mi- 2007. A l’heure ou l’Europe va célébrer le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, « qui a rendu l’élargissement de l’UE possible, (…) les quatre libertés de circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes, doivent être renforcées », explique Alexandr Vondra.
2009 constitue également une étape importante pour les pays d’Europe centrale et orientale. Certains États de l’ouest de l’Europe, notamment la France et l’Allemagne, ont mis en effet en place des périodes de transition pour l’ouverture de leurs marchés du travail après l’élargissement de 2004. Ces dernières prendront fin l’année prochaine. « La France ne devrait pas avoir de problème à ouvrir son marché, l’Allemagne aura en revanche des choix à faire », estime Alexandr Vondra, qui espère que ces « barrières inutiles » seront levées.
Revenant sur l’opposition entre la France et la République tchèque au sujet de l’élargissement de l’UE, Alexandr Vondra a de nouveau insisté sur le fait que l’Union devait continuer à s’ouvrir et à se stabiliser, notamment dans les Balkans. « Les propositions visant à mettre en place une politique commune dans le domaine de l’immigration ne s’opposent pas à la vision que nous avons de la façon dont l’Europe doit s’ouvrir », a déclaré le Tchèque. « Ces mesures pourront d’ailleurs peut-être aider à modifier l’opinion publique vis-à-vis de l’élargissement ».
Au sujet du débat sur le paquet climat, qui oppose notamment les anciens États membres aux pays ayant récemment adhéré sur la répartition de l’investissement dans le domaine des renouvelables, le vice-Premier ministre avoue que le « potentiel de son pays est limité ». En revanche, la remise à plat du système d’allocation des quotas nécessite, selon lui, un « débat sérieux ». La République tchèque, « pays de tradition industrielle », figure parmi les rares États membres dont les émissions de CO2 ont diminué de plus de 20% ces quinze dernières années par rapport aux niveaux de 1990.
Lire l’entretien dans son intégralité.