Albanie : une délégation internationale alerte sur la fragilité de la liberté de la presse

Les médias détenus par de puissants hommes d’affaires constituent la principale menace pour la liberté de la presse en Albanie, selon une coalition de délégués internationaux spécialistes de la liberté de la presse.

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Des représentants de la Plateforme pour la sécurité des journalistes du Conseil de l’Europe ainsi que Reporters sans frontières et l’Institut international de la presse, se sont rendus à Tirana pour une mission d’enquête de deux jours la semaine dernière, les 17 et 18 novembre. [Shutterstock/eldar nurkovic]

L’accaparement de nombreux médias par de puissants hommes d’affaires constitue la principale menace pour la liberté de la presse en Albanie, selon une coalition de délégués internationaux spécialistes de la liberté de la presse.

Des représentants de la Plateforme pour la sécurité des journalistes du Conseil de l’Europe ainsi que Reporters sans frontières et l’Institut international de la presse, se sont rendus à Tirana pour une mission d’enquête de deux jours la semaine dernière, les 17 et 18 novembre.

L’une des principales préoccupations est l’accaparement des médias par de puissants hommes d’affaires, qui les utilisent à des fins personnelles, mettant à mal l’indépendance et le pluralisme politique dans le pays.

« Ces propriétaires de médias, dont beaucoup détiennent des participations croisées dans des industries clés réglementées par l’État et dépendant d’appels d’offres publics, utilisent systématiquement leurs actifs médiatiques pour servir leurs propres agendas privés ou politiques plutôt que l’intérêt public », peut-on lire dans la déclaration, publiée samedi (19 novembre).

« La concentration des médias entre les mains de ces groupes d’entreprises s’est intensifiée ces dernières années », précise-t-elle.

Il en résulte une situation où l’interférence directe des propriétaires de médias dans l’indépendance éditoriale est élevée et où certaines questions ou sujets sensibles sont considérés comme hors limites pour les journalistes, ainsi qu’une « autocensure chronique et un manque de reportages d’investigation de qualité ».

Ces éléments, conjugués à d’autres problèmes, ont abouti à une situation qui s’aggrave au lieu de s’améliorer.

« Dans l’ensemble, l’Albanie continue de connaître une détérioration de la liberté des médias. Si le cadre juridique reste généralement adéquat, aucun progrès n’a été réalisé ces dernières années dans l’amélioration de la situation du journalisme indépendant et de surveillance ou du pluralisme des médias », est-il indiqué dans une déclaration commune publiée après la visite.

Toutefois, certaines nouvelles sont positives. En effet, le communiqué souligne que le paquet controversé sur la lutte contre la diffamation a été formellement retiré de l’ordre du jour du Parlement le 15 novembre. Ce projet de loi a été largement critiqué par l’UE et ses États membres, le Conseil de l’Europe et les organismes de surveillance des médias locaux et internationaux, qui estiment que son champ d’application risque de réprimer les médias en ligne albanais.

Parmi les autres développements positifs figurent l’augmentation du nombre de conférences de presse avec le Premier ministre, la multiplication des occasions pour les journalistes de poser directement des questions sur des sujets d’intérêt public, ainsi que des améliorations en matière de transparence.