Albanie : le nouveau président prête serment sur fond de division politique

Le nouveau président de l’Albanie, Bajram Begaj, a prêté serment dimanche (24 juillet) et a appelé les partis politiques du pays à coopérer sur les questions essentielles pour l’avenir, notamment l’État de droit.

EURACTIV.com
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Le neuvième président de l'Albanie a prêté serment ce dimanche (24 juillet) à Tirana. [Vjosa Osmani / Twitter]

Le nouveau président de l’Albanie, Bajram Begaj, a prêté serment dimanche (24 juillet) et a appelé les partis politiques du pays à coopérer sur les questions essentielles pour l’avenir, notamment l’État de droit.

M. Begaj est un officier militaire à la retraite qui a mené une longue carrière dans l’armée albanaise avant de démissionner de son poste de chef d’état-major général pour accepter le rôle de président. Indépendant sur le plan politique, il a été désigné par le parti socialiste au pouvoir et a obtenu 78 voix sur 140 sièges.

En Albanie, le président a un rôle largement symbolique et est élu par le Parlement.

«  Je serai un serviteur de notre peuple, un collaborateur acharné de l’unité nationale. Je serai un collaborateur et un partisan de la communication, des initiatives et des idées qui font avancer notre société  », a déclaré dans son discours le neuvième président depuis la chute du communisme.

Il a ajouté que le dialogue et la coopération entre les forces politiques, le respect de la liberté des médias, le respect et l’acceptation du débat sont nécessaires au progrès du pays.

«  Notre intérêt commun reste la consolidation des institutions qui ont la responsabilité de protéger et de promouvoir les intérêts des Albanais où qu’ils se trouvent  », a-t-il ajouté.

Avant de prêter officiellement serment, le président sortant Ilir Meta a reçu M. Begaj à la présidence.

Le mandat de cinq ans de M. Meta a été marqué par des perturbations, le Parti socialiste ayant tenté de le destituer à plus d’une reprise, avant de le démettre de ses fonctions en juin 2021.

Une décision concernant sa destitution a alors été demandée à la Cour constitutionnelle. Les autorités ont affirmé que les commentaires et les actions du président pendant la campagne électorale de 2021 violaient diverses lois et incitaient à la violence.

La Cour constitutionnelle a rejeté toutes les demandes, affirmant qu’elle n’avait trouvé aucune preuve de la violation des lois.

Ouverture des négociations pour adhésion à l’UE

L’Albanie a officiellement ouvert les négociations en vue de son adhésion à l’Union européenne (UE) mardi (19 juillet) lors d’une cérémonie à Bruxelles à laquelle aucun représentant des partis d’opposition n’était présent.

Le Premier ministre Edi Rama a déclaré ironiquement que cela était dû au fait qu’il ne savait pas qui était l’opposition, en raison de la division du Parti démocrate en deux factions, l’une dirigée par Enkelejd Alibeaj et l’autre par l’ex-Premier ministre et président Sali Berisha.

Tous deux affirment être le leader légitime du parti de centre-droit.

M. Berisha a été déclaré persona non grata par le Royaume-Uni la semaine dernière, un an après que les États-Unis ont procédé à la même désignation.

Le diplomate en chef de l’UE, Josep Borrell, s’est félicité de son investiture à l’occasion de cette «  étape historique sur sa trajectoire vers l’UE. »