Aide à l’Ukraine : l’UE toujours à la recherche d’une solution pour contourner le veto hongrois
Pour contourner le veto hongrois au soutien à Kiev, les États membres et hauts responsables de l’UE souhaitent convaincre la Hongrie d’accepter l’option de non-participation au financement de l’aide à l’Ukraine dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix — qui reviendrait de facto à lever son veto.
Le blocage par la Hongrie du soutien à Kiev, qui dure depuis un an, a poussé les États membres et hauts responsables de l’Union européenne (UE) à explorer plusieurs solutions pour contourner le veto de Budapest. Ils souhaitent désormais convaincre la Hongrie d’accepter d’utiliser l’option de non-participation au financement de l’aide à l’Ukraine dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix (FEP) — qui reviendrait de facto à lever son veto.
Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a de nouveau proposé de permettre à la Hongrie de ne pas participer au soutien à Kiev via la Facilité européenne pour la paix (FEP). Ce fonds, financé par les contributions des États membres sur base d’une répartition selon le revenu national brut, sert depuis le début de la guerre en février 2022 de mécanisme de remboursement pour les pays de l’UE ayant fourni une aide militaire, qu’elle soit létale ou non, à l’Ukraine.
Mais Budapest, qui plaide pour la paix dans le pays et l’arrêt des livraisons d’armes par l’UE, a bloqué à plusieurs reprises le déboursement des fonds, invoquant le droit de veto que possède chaque État membre sur toutes les décisions relatives à la Facilité européenne pour la paix.
Au total, 6,6 milliards d’euros destinés à Kiev restent à ce jour gelés à ce jour : 1,6 milliards d’euros au titre de la FEP, et 5 milliards d’euros au titre du fonds d’assistance à l’Ukraine.
Dans le cadre de l’option de non-participation de la FEP, comme dans le cadre des programmes de soutien à Kiev de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), la Hongrie pourrait rediriger les fonds pour l’Ukraine vers une autre région. Cela permettrait de débloquer 1,6 milliard d’euros en attendant qu’une autre solution soit trouvée pour le fonds d’assistance à l’Ukraine.
Selon plusieurs sources, tous les États membres, à l’exception de la Hongrie, soutiennent la proposition. Cette dernière recueille plus de soutien que l’option précédemment évoquée consistant à recourir à des contributions volontaires pour remplacer les contributions régulières, que certains pays, dont la France, ont remise en question.
Des fonctionnaires et des diplomates ont suggéré que la Hongrie prend en otage la FEP afin de faire pression sur la Commission européenne pour qu’elle débloque les fonds de l’UE destinés à Budapest et gelés par Bruxelles en raison de préoccupations concernant l’État de droit dans le pays.
Le gouvernement hongrois a également déclaré qu’il souhaitait que l’Ukraine promette de ne plus sanctionner la banque hongroise OTP.
Deux diplomates de l’UE ont confié à Euractiv qu’il était peu probable que les ministres des Affaires étrangères résolvent la question lors de leur réunion ce lundi 16 décembre. La question devrait être soulevée pat les chefs d’État et de gouvernement lorsqu’ils se rencontreront à Bruxelles jeudi 19 décembre.
Selon nos informations, le blocage des fonds de la FEP a fait perdre près de 500 millions d’euros aux Polonais, qui ont envoyé beaucoup d’armes à l’Ukraine. Les Slovaques, qui ont cessé de fournir une aide létale après l’élection de Robert Fico en 2023, attendent de leur côté environ 200 millions d’euros.
Aide à l’Ukraine : la France se montre hésitante face au plan de l’UE pour contourner les blocages hongrois
Ces derniers mois, la Hongrie a bloqué le versement des fonds destinés à rembourser les…
3 minutes
[Édité par Anne-Sophie Gayet]