Adieu, Élysée : les Macron réfléchissent à leur vie après la politique
Alors que la course à la succession en France approche à grands pas, le couple présidentiel entame ses adieux
À un an de la prochaine bataille présidentielle française, les Macron commencent déjà à donner l’impression d’un couple qui fait le point sur sa vie après le pouvoir.
Dans des propos inhabituellement personnels tenus cette semaine, le président Emmanuel Macron (48 ans) et la première dame Brigitte Macron (73 ans) ont tous deux évoqué publiquement le prix à payer pour leur passage à l’Élysée, mêlant messages politiques à des réflexions plus personnelles sur ce qu’une décennie à la tête de l’État français leur a coûté.
En vertu de la Constitution française, Macron ne peut briguer un troisième mandat consécutif et doit quitter ses fonctions en 2027. Alors que le camp de Marine Le Pen se regroupe, que le centre cherche un nouveau leader et que ses rivaux manœuvrent déjà pour démanteler son héritage, la lutte pour la succession commence avant même que le président sortant n’ait quitté la scène.
Après des années également marquées par des manifestations et des crises géopolitiques, ils semblent désormais se préparer à la fin d’une époque dont l’héritage reste incertain.
Noirceur, bêtise et méchanceté
Brigitte Macron, qui a strictement contrôlé ses apparitions médiatiques depuis que son mari est entré en politique nationale, a déclaré dans une interview ce week-end que la vie au palais lui avait apporté des moments de profonde tristesse, qu’elle a consignés dans un journal intime.
Elle a confié à La Tribune Dimanche que cette période l’avait exposée à « la noirceur du monde, la bêtise, la méchanceté », ajoutant : « Je suis parfois triste comme jamais je ne l’avais été. »
Ses propos font suite à des années de théories du complot et de harcèlement, notamment des allégations mensongères sur son genre et des critiques concernant la différence d’âge entre les époux.
En janvier, plusieurs personnes accusées d’avoir diffusé des insultes et des rumeurs à son sujet ont été condamnées en France à des peines pouvant aller jusqu’à six mois de prison, bien que la plupart aient été assorties d’un sursis dans l’attente d’un appel. Une autre affaire judiciaire impliquant l’influenceuse américaine Candace Owens est toujours en cours.
Bien que Brigitte Macron ait déclaré vouloir rester en dehors de la politique, elle s’est régulièrement exprimée contre les abus en ligne. S’appuyant sur son ancienne carrière d’enseignante, elle a également consacré une grande partie de son action publique à l’éducation et aux questions relatives à la jeunesse.
Quitter la politique
Le président, quant à lui, a adopté un ton tout aussi réfléchi lors d’une visite à Chypre la semaine dernière, où il a annoncé à des étudiants français à Nicosie qu’il ne reviendrait pas en politique après avoir quitté ses fonctions.
« Je n’ai pas fait de politique avant, et je n’en ferai pas après », a assuré Macron après avoir évoqué son passé de conseiller politique.
Le dirigeant français, arrivé au pouvoir en 2017 en promettant de bouleverser l’ancien système des partis, a reconnu la difficulté de défendre son bilan tout en essayant de corriger les erreurs commises au cours de près d’une décennie au pouvoir.
« Ce qui est le plus dur après neuf ans, c’est qu’il faut garder ce que t’as bien fait et essayer d’aller plus loin mais il faut parfois reprendre des choses que t’as mal faites », a-t-il déclaré.
Bien que Macron jouisse toujours d’une forte notoriété internationale, en particulier parmi les partisans de l’UE qui lui attribuent le mérite d’avoir relancé les débats sur la souveraineté européenne et l’autonomie stratégique, il fait face à un bilan bien plus mitigé dans son pays, où les présidents sortants sont traditionnellement jugés sévèrement.
Sa présidence a été marquée par des crises intérieures, notamment le mouvement de protestation des Gilets jaunes, qui a constitué l’un des défis les plus graves de son mandat. Macron, qui avait promis une réforme économique en profondeur, quitte également ses fonctions avec une dette publique à des niveaux élevés.
Les élections législatives anticipées qu’il a convoquées de manière inattendue ont encore compliqué le dernier chapitre de sa présidence, entraînant une impasse politique sur la politique budgétaire et mettant à nu les tensions au sein des institutions de la Ve République.
Macron a déclaré qu’il était entré en politique pour transformer les idées en actions et faire avancer la France et l’Europe « plus fort plus vite » — une ambition qui, selon lui, perdure, même si l’avenir qui l’attend après l’Élysée reste incertain.
(bw, ow)