Adhésion des Balkans occidentaux à l’UE : Olaf Scholz demande à Bruxelles de tenir ses promesses
À l’occasion de la Journée de l’Europe, mardi (9 mai), le chancelier allemand a appelé le Parlement et l’UE à tenir les promesses faites aux Balkans occidentaux et à accélérer l’intégration, tout en exprimant son soutien à la poursuite du dialogue entre le Kosovo et la Serbie.
S’adressant au Parlement européen mardi (9 mai) à l’occasion de la Journée de l’Europe, le chancelier allemand Olaf Scholz a appelé le Parlement et l’Union européenne à tenir les promesses faites aux Balkans occidentaux et à accélérer l’intégration, tout en exprimant son soutien à la poursuite du dialogue entre le Kosovo et la Serbie.
M. Scholz a ajouté que l’Ukraine et la Moldavie avaient également leur place en Europe.
« L’Europe géopolitique doit tenir ses promesses. Les promesses faites aux pays des Balkans, auxquels nous promettons l’adhésion depuis 20 ans, doivent être tenues », a-t-il déclaré. Il a également indiqué que « nous avons dit aux pays des Balkans occidentaux, ainsi qu’à l’Ukraine, à la Moldavie et peut-être à la Géorgie, qu’ils avaient leur place en Europe ».
En ce qui concerne le Kosovo et la Serbie, M. Scholz a déclaré que les efforts de normalisation des relations devaient se poursuivre, tout comme les réformes en vue de l’intégration.
Les dirigeants et les équipes de négociation des deux États membres sont actuellement engagés dans un processus de dialogue épineux, soutenu par l’UE, afin de résoudre des tensions qui durent depuis des décennies, causées par la guerre de 1998-1999 et la déclaration d’indépendance du Kosovo en 2008, que Belgrade refuse encore de reconnaître.
Parmi les autres questions abordées lors des négociations entre les deux pays figurent les droits des minorités serbes au Kosovo, les plaques d’immatriculation délivrées par Belgrade qui sont toujours utilisées par les Serbes du Kosovo, ainsi que les pressions exercées par la Serbie sur les pays et les institutions pour qu’ils n’intègrent pas le Kosovo et ne reconnaissent pas son indépendance.
« Le processus de négociation avec la Macédoine du Nord doit également progresser. L’élargissement ne doit pas être le seul motif des réformes, mais il doit être pris en compte », a déclaré le chancelier allemand.
Le processus d’adhésion de la Macédoine du Nord se trouve aujourd’hui bloqué car la Bulgarie a conditionné cette adhésion à une modification de la constitution afin d’y inclure la minorité bulgare, une mesure qui n’a pas bénéficié d’une majorité de votes au parlement de Skopje.
Olaf Scholz a également affirmé que « plus l’Europe sera unie, plus il lui sera facile de faire face aux difficultés ».
« Nous devrions être encore plus ouverts aux autres. Nous avons besoin d’une UE élargie et réformée, d’une UE géostratégique. Nous avons rarement été aussi unis qu’aujourd’hui face à l’agression de la Russie [en Ukraine] », a déclaré M. Scholz.
Le chancelier allemand a également déclaré que l’UE s’efforçait d’améliorer le régime de sanctions contre la Russie en raison de son invasion de l’Ukraine.
La présidente du Kosovo, Vjosa Osmani, a également abordé les valeurs de l’UE à l’occasion de la Journée de l’Europe. Elle a notamment souligné l’engagement pro-européen du Kosovo et sa détermination en faveur de la démocratie, de la paix et de l’État de droit.
« Ces principes fondamentaux sont des piliers importants de l’Union européenne depuis sa création, et ce sont précisément ces valeurs pour lesquelles le Kosovo et son peuple se sont historiquement battus et qu’ils continuent de défendre aujourd’hui », a-t-elle déclaré.
Mme Osmani a ajouté : « Profitons de ce moment pour réfléchir à tous les succès que nous avons obtenus jusqu’à présent et pour réaffirmer notre volonté inégalée de remporter de nouvelles victoires sur la voie de l’intégration européenne. Le Kosovo et son peuple ont été, sont et resteront toujours l’incarnation de ces valeurs ».
Le Kosovo a déposé une demande d’adhésion à l’UE en décembre 2022, mais il devra faire face à des obstacles sur le chemin, notamment le fait que cinq États membres de l’UE, à savoir Chypre, l’Espagne, la Roumanie, la Grèce et la Slovaquie, ne reconnaissent toujours pas son indépendance déclarée en 2008 vis-à-vis de la Serbie.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]