Adhésion de l’Ukraine à l’UE : la Hongrie maintient son veto
Confortée par les résultats d’une consultation publique organisée en mars, la Hongrie maintient son opposition à l’ouverture des négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.
Confortée par les résultats d’une consultation publique organisée en mars, la Hongrie maintient son opposition à l’ouverture des négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.
Selon le gouvernement hongrois, les résultats de la consultation, publiés jeudi 26 juin, montrent que 95 % des citoyens interrogés — environ 29 % de l’électorat éligible du pays — s’opposent à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE.
À l’instar de celui sur les sanctions en 2023, ce scrutin prenait la forme d’une consultation non contraignante plutôt que d’un véritable référendum.
En amont de la consultation publique, le gouvernement de Viktor Orbán a déployé des efforts pour influencer l’opinion publique, notamment par le biais de panneaux publicitaires, de lettres et de tracts contre l’adhésion de l’Ukraine.
À Bruxelles pour le sommet européen, le Premier ministre hongrois a déclaré que, sur la base de ces résultats, il comptait continuer à opposer son veto à l’ouverture de tout nouveau chapitre des négociations entre l’UE et l’Ukraine.
« Le problème, c’est la guerre. Si nous intégrions l’Ukraine dans l’UE, nous intégrerions la guerre, et nous ne voulons pas faire partie de la même communauté qu’un pays en guerre », a déclaré Viktor Orbán.
Les dirigeants de l’UE devaient recevoir Volodymyr Zelensky par vidéoconférence lors du sommet de jeudi, mais il était clair qu’ils ne seraient pas en mesure de faire avancer le dossier de l’adhésion de l’Ukraine.
Selon le dernier projet de conclusions du sommet de l’UE, consulté par Euractiv, les dirigeants de l’UE, à l’exception de la Hongrie, devraient « saluer le rythme des réformes menées par l’Ukraine en vue de son adhésion, dans des circonstances extrêmement difficiles ».
La question des minorités
Bruxelles et la présidence polonaise du Conseil de l’UE avaient initialement espéré ouvrir au printemps le premier volet des négociations sur l’adhésion de l’Ukraine et de la Moldavie à l’UE, qui porte sur les « fondamentaux » que sont les valeurs communes, l’État de droit, l’indépendance du pouvoir judiciaire et les droits humains.
Selon une évaluation interne de la Commission européenne, consultée par Euractiv, l’Ukraine et la Moldavie seraient en substance prêtes à entamer les négociations sur ce chapitre.
À cet égard, les dirigeants des États membres devraient déclarer dans les conclusions du sommet qu’ils « prennent bonne note de l’évaluation de la Commission selon laquelle le volet fondamental est prêt à être ouvert ».
Budapest bloque depuis des mois les progrès de l’Ukraine sur la voie de l’UE, principalement en raison de plaintes concernant la discrimination à l’égard des minorités nationales, mais aussi en raison d’une politique de plus en plus favorable à la Russie et hostile à l’Ukraine.
Les tensions se sont récemment exacerbées lorsque les deux parties ont expulsé des diplomates après que l’Ukraine a déclaré avoir découvert un réseau d’espionnage hongrois dans la région occidentale de Zakarpattia, où vit une importante population ethnique hongroise.
Budapest a saisi cette occasion pour reporter une nouvelle fois les négociations sur les minorités nationales.
S’adressant aux journalistes à Bruxelles, le ministre polonais des Affaires européennes, Adam Szłapka, a rejeté l’idée selon laquelle la présidence polonaise avait échoué.
« Nous avons travaillé en étroite collaboration avec la Commission et avons fait tout notre possible à cet égard — tout est prêt pour une décision », a indiqué Adam Szłapka.
Le ministre a ajouté qu’il « exhorterait le gouvernement hongrois à demander à la minorité hongroise d’Ukraine si elle souhaite que l’Ukraine adhère à l’UE ». « Je pense que la minorité le souhaite », a-t-il ajouté.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]