Adhésion de la Suède à l’OTAN : le parti Fidesz de Viktor Orbán boycotte la session parlementaire extraordinaire

Le parti Fidesz de Viktor Orbán a boycotté une session parlementaire extraordinaire convoquée par l’opposition hongroise afin d'entériner l’adhésion de la Suède à l’OTAN, le Premier ministre hongrois ayant clairement indiqué qu’il préférait imposer son propre rythme.

Euractiv.com
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La Hongrie est le seul membre de l’OTAN qui n’a pas encore ratifié l’adhésion de Stockholm. Les partis d’opposition avaient demandé la tenue d’une session parlementaire extraordinaire lundi (5 février) après-midi afin de voter sur l’adhésion du pays nordique à l’alliance militaire. [[Shutterstock / Cesare Andrea Ferrari]]

Le parti Fidesz de Viktor Orbán a boycotté une session parlementaire extraordinaire convoquée par l’opposition hongroise afin d’entériner l’adhésion de la Suède à l’OTAN, le Premier ministre hongrois ayant clairement indiqué qu’il préférait imposer son propre rythme.

La Hongrie est le seul membre de l’OTAN qui n’a pas encore ratifié l’adhésion de Stockholm.

Les partis d’opposition avaient demandé la tenue d’une session parlementaire extraordinaire lundi (5 février) après-midi afin de voter sur l’adhésion du pays nordique à l’alliance militaire.

Cependant, les représentants du parti nationaliste conservateur Fidesz de Viktor Orbán et de ses alliés chrétiens-démocrates, le KDNP, n’ont pas assisté à la session, ce qui a entraîné le rejet de l’ordre du jour et l’ajournement de la session, le quorum n’ayant pas été atteint.

La réticence de Budapest à voter sur la candidature de la Suède à l’OTAN s’explique par le fait que la Suède a dénoncé à plusieurs reprises les violations de l’État de droit commises par le gouvernement hongrois et que, selon Budapest, Stockholm aurait considéré son adhésion à l’OTAN comme un fait accompli.

Bien que la Hongrie ne se soit jamais formellement opposée à l’adhésion de la Suède et qu’elle ait juré de ne jamais être la dernière à s’y opposer, elle constitue aujourd’hui le dernier obstacle pour que ce pays d’Europe du nord devienne le 32e membre de l’alliance.

La Turquie, qui représentait un autre obstacle majeur, a donné son feu vert à la Suède la semaine dernière, ouvrant ainsi la voie à la ratification après un retard de vingt mois et sous la pression des responsables et des membres de l’OTAN.

La Suède s’est portée candidate à l’adhésion à l’alliance militaire peu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, dans le cadre d’une candidature commune avec son voisin, la Finlande, les deux pays abandonnant leur traditionnel non-alignement militaire. La Finlande a depuis rejoint l’alliance.

Chaque demande d’adhésion doit être approuvée par tous les parlements nationaux des pays membres de l’OTAN, puis doit être signée par les chefs d’État ou de gouvernement et envoyée à Washington pour être officiellement approuvée.

Alors que le Parlement hongrois incomplet se réunissait, M. Orbán tenait une réunion à distance à Sopronbánfalva, à quelque 200 km de la capitale Budapest, afin de signifier clairement que c’est lui qui déciderait de la date du vote concernant la Suède.

Cette démonstration de force n’a pas manqué de déplaire aux ambassadeurs de plusieurs pays de l’OTAN — les États-Unis, les Pays-Bas, la Norvège, le Danemark, la Pologne et la Slovaquie — venus assister à la séance dans les tribunes du parlement hongrois pour envoyer un message fort.

Visite de Ulf Kristensson à Budapest

Le chef du groupe parlementaire du Fidesz, Máté Kocsis, a écrit sur sa page Facebook, deux heures avant la session parlementaire, que « selon notre position, la ratification de l’adhésion de la Suède à l’OTAN peut avoir lieu au tout début de la session parlementaire ordinaire, mais cela nécessite une rencontre entre les deux Premiers ministres à Budapest ».

M. Orbán a invité son homologue Ulf Kristensson à Budapest pour « négocier » l’accord, ce que le Premier ministre suédois a jusqu’à présent refusé.

« Si l’adhésion est importante pour les Suédois, ils viendront ici, comme ils sont allés en Turquie », a ajouté M. Kocsis.

M. Orbán et M. Kristersson se sont rencontrés lors du sommet européen de la semaine dernière à Bruxelles, mais l’adhésion de la Suède à l’OTAN n’a pas été abordée. Au lieu de cela, M. Kristersson s’est vu rappeler l’invitation de M. Orbán à se rendre à Budapest.

Alors que M. Kristersson a déclaré qu’il serait naturel de venir en Hongrie après le vote en faveur de la candidature de Stockholm à l’OTAN, les Hongrois préféreraient le voir à Budapest avant le vote.

Selon le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, M. Kristersson agirait de manière « juste et correcte » en venant en Hongrie avant le vote parlementaire, d’autant plus qu’il s’est rendu en Turquie pour convaincre le président Recep Erdogan d’approuver l’adhésion de la Suède à l’OTAN.

« La faction du Fidesz a annoncé la semaine dernière qu’elle n’assisterait pas à la session parlementaire extraordinaire, mais qu’elle attendrait la réunion des deux Premiers ministres pour le vote final », a déclaré M. Szijjártó, tandis que le porte-parole Zoltán Kovács a brièvement conclu :

« La balle est maintenant dans votre camp ».

Pour Bence Tordai, député du Parti vert, le gouvernement hongrois trahit les intérêts du pays en faisant obstacle à l’adhésion de la Suède et ne fait qu’aider le président russe Vladimir Poutine.

M. Tordai a également rappelé que Viktor Orbán avait promis que le Parlement voterait sur l’adhésion de la Suède à l’OTAN à la première occasion et que la Hongrie ne serait pas le dernier pays à ratifier l’adhésion de la Suède à l’OTAN, ce qui est désormais le cas.