Adhésion à l’OTAN : après une réunion avec les États-Unis, la Turquie se montre plus favorable à la candidature de la Suède
La Turquie a adopté une position plus conciliante sur la candidature de la Suède à l’OTAN après que le secrétaire d’État américain, le président turc Recep Tayyip Erdoğan et son ministre des Affaires étrangères ont discuté de l’achat éventuel d’avions F-16 américains.
La Turquie a adopté une position plus conciliante sur la candidature de la Suède à l’OTAN après que le secrétaire d’État américain Anthony Blinken, le président turc Recep Tayyip Erdoğan et son ministre des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu ont discuté lundi (20 février) de l’achat éventuel d’avions F-16 américains.
Après avoir affiché son opposition à la candidature commune à l’OTAN de la Finlande et surtout de la Suède pendant des mois, la Turquie a finalement montré des signes d’assouplissement de sa position lundi.
« D’autres réunions auront lieu avec la Suède et la Finlande sur l’adhésion à l’OTAN », a annoncé le ministre turc des Affaires étrangères.
La Turquie a réitéré son opposition à la candidature de la Suède à l’OTAN, citant notamment le refus de la Suède d’extrader des membres de l’opposition turque, principalement des Kurdes.
Elle a ensuite décidé d’exclure tout soutien à l’adhésion de la Suède à la suite de l’affaire du Coran brûlé qui a eu lieu en janvier à Stockholm. Le ministre finlandais des Affaires étrangères Tobias Billström avait alors déclaré que le processus d’adhésion à l’OTAN avait été « mis en suspens ».
« C’est un message très bienvenu et positif », a-t-il aujourd’hui expliqué, tandis que le Premier ministre Ulf Kristersson a déclaré qu’il espérait « revenir à ces discussions dès que possible ».
Au cours de la Conférence sur la sécurité de Munich, ce week-end, M. Kristersson a rencontré son homologue finlandaise, Sanna Marin, qui, selon lui, a réitéré son souhait de voir la Finlande et la Suède rejoindre ensemble l’OTAN.
« Mais cela ne change rien au fait que c’est la Turquie qui prend ses décisions, et nous avons beaucoup de respect pour cela », a-t-il ajouté.
L’influence des États-Unis
Le changement d’avis de la Turquie intervient après que les États-Unis ont intensifié la pression sur Ankara pour que la Suède et la Finlande rejoignent l’Alliance le plus rapidement possible.
Comme l’a souligné M. Kristersson, d’autres pays de l’OTAN — notamment les États-Unis, selon le Premier ministre suédois — apportent un soutien « solide » à l’adhésion de la Suède à l’Alliance.
Ce soutien a été confirmé lundi par M. Blinken lors de sa conférence de presse conjointe avec son homologue turc. « Les États-Unis soutiennent fermement l’adhésion des pays nordiques dès que possible », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « l’expansion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN n’est pas une question bilatérale ».
Les discussions entre M. Blinken et M. Cavusoglu ont porté sur la vente de jets F-16 américains à la Turquie, mais le ministre turc a nié que ces discussions aient eu une quelconque influence sur le nouvel empressement de la Turquie à traiter la candidature de la Suède à l’OTAN.
« Il ne serait ni juste ni équitable de faire dépendre deux questions indépendantes l’une de l’autre », a déclaré M. Cavusoglu, ajoutant qu’« il ne nous serait pas possible d’acheter les F-16 dans ces conditions ».
La Turquie cherche maintenant à moderniser sa flotte de F-16 après avoir été écartée d’un projet de développement de l’avion de chasse F-35 de nouvelle génération suite à l’acquisition de missiles de défense aérienne russes.
M. Blinken a pour sa part assuré que l’accord sur les F-16 était « très important pour l’interopérabilité permanente de l’OTAN et dans l’intérêt national des États-Unis ».
Les déclarations du secrétaire d’État font écho aux propos de l’eurodéputée sociale-démocrate Evin Ircin lors d’un entretien accordé à EURACTIV. Elle avait déclaré que les États-Unis devraient être plus impliqués dans la résolution du blocage par Ankara de la candidature de la Suède à l’OTAN, car « c’est dans l’intérêt des États-Unis, de tous les États membres de l’UE et, au final, c’est aussi dans l’intérêt de la Turquie ».
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]