Action extérieure : les missions de l’UE invitées à faire des économies
Les dirigeants des missions de formation et de conseil de l’UE à l’étranger ont été invités à réduire leurs dépenses afin de permettre la réaffectation d’une partie de leurs budgets à de nouvelles missions.
Les dirigeants des missions de formation et de conseil de l’UE à l’étranger ont été invités à réduire leurs dépenses afin de permettre la réaffectation d’une partie de leurs budgets à de nouvelles missions, a appris EURACTIV.
L’été dernier, le service diplomatique de l’UE, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), a tiré la sonnette d’alarme sur le fait que les missions de l’Union étaient trop coûteuses pour être intégrées dans le budget actuel de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC).
Le service a donc suggéré d’envisager la suppression ou la rétrogradation de trois missions considérées comme moins rentables que d’autres, soit en raison de l’impact de leurs activités sur le terrain, soit en raison d’une gestion inefficace des fonds.
Dans le collimateur du SEAE se trouve la mission de conseil de l’UE en Irak, la mission d’assistance aux frontières autour de la Libye et la mission de conseil et de formation en Somalie.
La plupart des États membres, cependant, émettent des doutes concernant la suppression des missions et le retrait de l’UE sur le terrain, ont déclaré des diplomates de l’UE à EURACTIV.
Alors que certains pays pensent en effet qu’il est temps de fermer certaines missions, d’autres pensent que les missions devraient être maintenues, avec un mandat limité et un personnel réduit au minimum.
La Commission européenne a déclaré qu’elle proposerait une révision du budget actuel de l’UE au cours de l’été afin de répondre aux ambitions de l’Union sur un large éventail de questions et de se remettre du soutien massif accordé à l’Ukraine depuis le début de la guerre.
On ne sait pas encore si quand le budget actualisé sera disponible et si des fonds supplémentaires seront alloués aux missions civiles de l’UE.
Un exercice d’équilibre
Cette mesure témoigne également du difficile exercice d’équilibre auquel se livre l’UE entre le soutien à son voisinage et son souhait d’afficher des ambitions géopolitiques mondiales.
L’enveloppe budgétaire « n’a pas été ajustée pour refléter l’augmentation actuelle des activités et celle des demandes financières, à la fois de nos missions et d’autres actions également financées par le budget de la PESC », a confié Peter Stano, le principal porte-parole de l’UE pour les affaires étrangères, à EURACTIV.
L’UE possède 13 missions civiles de conseil et de formation sous l’égide de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), déployées sur trois continents différents et financées par le budget commun de l’UE.
Rien qu’en 2023, l’UE a mis en place deux nouvelles missions civiles. Elle a lancé sa mission en Arménie (EUMA) pour superviser la frontière avec l’Azerbaïdjan en janvier, et la mission de partenariat de l’UE (MPUE) en Moldavie pour lutter contre les ingérences étrangères en avril.
Toutefois, le plan budgétaire jusqu’en 2027 ne prévoyait pas une telle expansion des efforts géopolitiques de l’UE et de ses États membres.
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Les missions civiles de la PSDC ont donc été invitées à réduire leurs coûts.
Les États membres ont opté pour cette mesure afin d’éviter d’avoir à choisir quelles missions devraient être fermées pour économiser des fonds et continuer à soutenir les partenaires, a indiqué un diplomate de l’UE à EURACTIV.
Les missions civiles de la PSDC ont été invitées à « réduire les coûts sans compromettre leurs opérations », a déclaré M. Stano.
Cela inclut la réduction du personnel et le maintien des activités essentielles, a expliqué le diplomate, ajoutant que les mesures ont été efficaces et ont, dans une certaine mesure, permis aux États membres d’ouvrir les nouvelles missions en Arménie et en Moldavie.
M. Stano a déclaré que « pour éviter un déficit structurel, après des discussions avec les États membres, nous avons dû trouver des solutions au manque à gagner ».
« À cette fin, les missions prennent toutes les mesures possibles pour maximiser l’utilisation des ressources existantes tout en minimisant les coûts, sans compromettre leur capacité à fournir des services de haute qualité au pays hôte », a-t-il ajouté.
« Cela nous a permis de libérer des ressources précieuses pour nos nouvelles missions de l’UE », a déclaré le principal porte-parole des affaires étrangères de l’UE.
Les ministres de la Défense de l’UE devraient adapter le nouveau pacte civil pour la PSDC lors de leur réunion de mardi (23 mai) afin de garantir le détachement d’un maximum de personnel.
Selon les procédures actuelles, le personnel détaché est envoyé par les États membres à la mission pour une affectation temporaire, au lieu d’être engagé par la mission elle-même.
Ce personnel n’est donc pas payé par le budget de l’UE, mais par son propre gouvernement, ce qui permet d’économiser des fonds sur l’enveloppe budgétaire de la mission.
Un autre aspect central de cette nouvelle stratégie est de rendre les missions civiles plus « temporaires » et avec des mandats moins stricts, permettant une certaine flexibilité, ont expliqué des sources de l’UE à EURACTIV.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]