Acier : les industriels européens s’insurgent contre la hausse prévue des droits à l’importation

Protéger les producteurs d’acier européens face à une concurrence mondiale extrême pourrait entraîner des coûts jugés insoutenables pour leurs clients, ont averti mardi 6 janvier dix fédérations industrielles représentant des secteurs allant de l’automobile aux boîtes de conserve.

EURACTIV.com
[Getty Images/Hendrik Schmidt_Picture alliance]

En octobre, la Commission européenne a proposé de réduire de près de moitié le volume d’acier pouvant être importé en franchise de droits dans l’Union et de doubler les droits appliqués aux importations supplémentaires.

Les sidérurgistes européens voient cette mesure comme une « véritable bouée de sauvetage » pour contrer la surproduction chinoise qui, selon eux, inonde les marchés mondiaux et fait baisser les prix à des niveaux insoutenables. Mais leurs clients européens ne sont pas aussi satisfaits.

« Étant donné que davantage d’importations ne seront plus couvertes par les quotas, nos industries devraient supporter entre 5 et 9 milliards d’euros par an de coûts tarifaires supplémentaires, en supposant que les importations restent au même niveau qu’en 2024 », ont-il averti dans une lettre signée par des associations professionnelles représentant les constructeurs automobiles, les industries technologiques, les producteurs d’emballages métalliques et d’autres secteurs de l’UE.

« Impact négatif »

Les groupes de pression de ces secteurs estiment que la hausse des prix pourrait être bien supérieure à la moyenne de 3,25 % prévue par la Commission européenne et atteindre jusqu’à 30 % dans certaines catégories de produits.

Les consommateurs d’acier ont averti que la proposition de la Commission pourrait rendre beaucoup plus difficile l’approvisionnement en acier pour des applications industrielles spécialisées et que les règles d’origine devraient être moins strictes.

Les associations professionnelles avertissent que les chaînes d’approvisionnement hautement intégrées dans l’UE pourraient être indûment touchées par le régime tarifaire proposé et que les partenaires commerciaux tels que la Suisse devraient en être exemptés.

« Si elle est adoptée sous sa forme actuelle, cette mesure risque d’avoir un impact négatif sur les utilisateurs d’acier en Europe », ont-ils écrit, exhortant les décideurs de l’UE à adopter « une approche plus prudente et plus équilibrée ».

La proposition est actuellement entre les mains du Parlement européen. Une fois que les députés européens se seront mis d’accord sur une position commune, leurs négociateurs en chef entameront les discussions finales avec le Conseil de l’UE, qui représente les gouvernements nationaux.

Les ministres ont déjà adopté le mandat de négociation du Conseil à la mi-décembre, introduisant des flexibilités qui permettraient à la Commission d’ajuster les volumes des contingents tarifaires et d’éviter de nuire à la compétitivité des industries en aval en Europe.