Accord sur les obligations grecques : qui se jettera à l'eau en premier ?

  La Grèce doit renforcer son engagement politique en faveur des réformes économiques si elle souhaite bénéficier d'un second renflouement, ont prévenu les ministres des finances réunis à Bruxelles hier (24 janvier). Les banques créancières de la Grèce affirment quant à elles qu’elles ne pourront pas remplir leur part du contrat à moins que l’UE ne débloque des fonds en premier.

/ EURACTIV.fr
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La Grèce doit renforcer son engagement politique en faveur des réformes économiques si elle souhaite bénéficier d'un second renflouement, ont prévenu les ministres des finances réunis à Bruxelles hier (24 janvier). Les banques créancières de la Grèce affirment quant à elles qu’elles ne pourront pas remplir leur part du contrat à moins que l’UE ne débloque des fonds en premier.

« Tous les partis [politiques] grecs doivent se mettre d'accord sur des mesures [d'austérité] et un nouveau programme, indépendamment des prochaines élections », a déclaré à la presse le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, suite à une réunion avec les ministres européens des finances à Bruxelles.

Bientôt un nouveau gouvernement

La Grèce devrait organiser des élections anticipées avant le 8 avril prochain. Antonis Samaras, dont le parti de centre-droit Nouvelle démocratie fait partie de la coalition au pouvoir du premier ministre technocrate, Lucas Papademos, a ouvertement critiqué certaines des mesures d'austérité réclamées par les créanciers internationaux.

Selon les sondages d'opinion, M. Samaras a de grandes chances de remporter les élections, mais il devra former une coalition avec d'autres partis pour pouvoir gouverner.

En échange du prochain renflouement, les Européens souhaitent que les partis politiques grecs prennent des engagements avec les élections.

« La Grèce est loin d'avoir atteint ses objectifs en matière de réforme et d'austérité », a déclaré la ministre autrichienne des finances, Maria Fekter, suite à la réunion. Elle a affirmé que les Grecs avaient reçu « une liste de choses à faire », ajoutant qu'il s'agissait d'une condition pour que le pays puisse bénéficier d'un second renflouement.

Le fait que les Européens demandent à présent ce soutien politique de la part de tous les partis constitue un nouvel obstacle à surmonter pour la Grèce, avant que l'Allemagne et les autres donateurs européens consentent à verser l'argent.

Athènes a besoin d'un plan de sauvetage de 130 milliards d'euros de la part de ses partenaires européens et du Fonds monétaire international avant que ses obligations n'arrivent à échéance en mars et qu'elle n'ait à rembourser 14,5 milliards d'euros.

L'Allemagne associe cet accord de renflouement, conclu en octobre 2011, à un engagement de la part des banques à accepter une décote nominale de 50 % de leurs titres obligataires grecs.

Les banques affirment cependant que cet accord ne pourra pas être respecté à moins qu'elles ne soient assurées qu'Athènes jouit du soutien de ses partenaires de la zone euro. La Grèce se retrouve donc dans l'impasse.

Andrew Lilico, le directeur de la société de conseil Europe Economics, a expliqué à EURACTIV que les fonds devraient être versés par les gouvernements dans le cadre du second renflouement avant que les banques n'acceptent une décote.

Le renflouement grec n'enchante pas des masses l'Autriche

M. Lilico a jeté le doute sur les engagements de certains membres de la zone euro quant au plan de sauvetage.  « Si les Allemands et les Français veulent que le second renflouement grec ait lieu, ils devront remplacer la part des Autrichiens, des Slovaque et des Finlandais, voire des Néerlandais » qui, selon lui, ne souhaitent pas s'engager.

M. Lilico et Sony Kapoor, le directeur du groupe de réflexion économique Re-Define, ont déclaré à EURACTIV que les marchés avaient déjà pris leurs dispositions en prévision d'un défaut de paiement de la Grèce, ce qui limitera les dégâts le cas échéant.

Ils ont tous les deux affirmé que l'impact direct d'un défaut de paiement serait ressenti par les banques européennes créancières.

La dernière tentative de conclure un accord sur la contribution du secteur bancaire au second renflouement de la Grèce a échoué lundi (23 janvier) lorsque les ministres des finances de la zone euro ont rejeté les termes d'une offre faite aux obligataires privés. Selon eux, cet accord n'aurait pas permis de réduire suffisamment le déficit de la Grèce.