Accord de principe de l'UE pour un nouveau renflouement de la Grèce
Les hauts fonctionnaires de la zone euro se sont mis d'accord sur le principe d'un nouveau renflouement international de la Grèce afin de donner plus de temps au pays pour sortir de sa crise de la dette, a déclaré hier (2 juin) une source proche des discussions.
Les hauts fonctionnaires de la zone euro se sont mis d'accord sur le principe d'un nouveau renflouement international de la Grèce afin de donner plus de temps au pays pour sortir de sa crise de la dette, a déclaré hier (2 juin) une source proche des discussions.
Le comité économique et financier, qui rassemble les 17 pays de la zone euro, a approuvé le principe d'un renflouement lors de discussions à Vienne qui se sont terminées aux aurores jeudi, selon une source.
Ce second renflouement de la Grèce, qui remplacera le programme de 110 milliards d'euros lancé en mai de l'année dernière, sera en vigueur jusqu'en 2014, ce qui accordera à Athènes une année supplémentaire de soutien financier, a expliqué cette source.
L'euro est remonté à plus de 1,45 dollar et le prix des actions américaines a baissé en réponse à la nouvelle, qui a semblé rassurer les marchés sur le remboursement des 330 milliards d'euros de dette souveraine de la Grèce cette année.
L'incertitude demeure
De nombreuses questions restent en suspens concernant ce nouveau plan. L'ampleur exacte du renflouement et la hauteur à laquelle chaque donateur international contribuera doivent encore être définies, à temps pour la réunion des ministres des finances de la zone euro, le 20 juin.
Ce nouveau programme impliquera la participation d'investisseurs du secteur privé, mais de façon limitée, afin d'éviter un « évènement de crédit », a ajouté la source. Il s'agit d'un « évènement » qui infligerait des pertes aux détenteurs d'obligations grecques et mènerait à une dégradation de la note du pays ou entraîner des contrats d'assurance sur sa dette.
Des représentants de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, qui avaient mis sur pied le premier renflouement, travaillent avec le gouvernement grec depuis des semaines sur un nouveau programme. Ce dernier impliquerait pour Athènes des réductions des dépenses, une augmentation des revenus et des privatisations, dans la mesure où le pays n'est pas parvenu à remplir ses objectifs budgétaires dans le cadre du système initial.
La source a déclaré que ce nouveau renflouement couvrirait les besoins de financement de la Grèce si elle ne pouvait pas recommencer à emprunter sur les marchés des capitaux en 2011 ou 2012. Le renflouement initial prévoyait qu'Athènes lève 27 milliards d'euros sur les marchés l'année prochaine et 38 milliards d'euros en 2013.
Toujours selon cette source, le nouveau programme impliquerait des engagements précis de la Grèce sur la gestion d'une nouvelle national wealth agency (en français : « agence nationale de gestion des richesses ») et sur le calendrier des privatisations. Cette agence ne sera toutefois pas soumise à une supervision internationale intrusive.
Investisseurs privés
Les détails sur la participation des investisseurs privés font encore l'objet de discussions, mais notre source a refusé d'en dire davantage à ce sujet.
Les fonctionnaires de la BCE se sont fermement opposés à une restructuration de la dette grecque via une modification de l'échéance des obligations. Ils pensent en effet que cela pourrait déstabiliser les marchés financiers en alimentant les spéculations sur des restructurations en Irlande et au Portugal, des pays qui ont eux aussi été renfloués.
Ces derniers jours, les fonctionnaires de l'UE se sont concentrés sur la possibilité d'un refinancement volontaire de la dette, dans le cadre duquel des investisseurs privés accepteraient de maintenir leur niveau d'exposition en achetant de nouvelles obligations grecques, lorsque les précédentes seront arrivées à maturité.
De hauts dirigeants de la BCE ont indiqué cette semaine qu'ils pourraient accepter un refinancement. Les encouragements qui seraient offerts aux investisseurs privés pour les convaincre de participer ne sont toutefois pas encore définis.
Nouveau plan d'austérité
Athènes prévoit de présenter un nouveau plan d'austérité vendredi, a déclaré un haut fonctionnaire du gouvernement grec à Reuters. Le nouveau plan budgétaire comprendrait des privatisations plus rapides et 6,4 milliards d'euros de nouvelles économies, passant notamment par une augmentation des impôts.
Le premier ministre, George Papandreou, devait en fournir les détails vendredi au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui préside le groupe des ministres de la zone euro.
« Mon sentiment est que la Grèce bénéficiera d'un nouveau programme soumis à une forte conditionnalité. Je participerai à une réunion à Luxembourg demain avec le premier ministre grec », a déclaré M. Juncker aux journalistes. « J'aimerais que nous parvenions à une décision sur la Grèce avant la fin du mois ».
Les pressions pour un nouveau sauvetage de la Grèce se sont intensifiées mercredi, lorsque l'agence de notation Moody's a dégradé la note du pays de trois crans. Moody's a justifié ce choix en affirmant qu'Athènes avait 50 % de chance de devoir restructurer sa dette et donc de faire perdre de l'argent aux investisseurs privés.
Pour que la Grèce puisse recevoir une aide supplémentaire, l'UE a demandé aux partis politiques du pays d'arriver à un consensus sur les mesures d'austérité, ce qui n'est apparemment toujours pas le cas.
Le désaccord règne même au sein du parti de M. Papandreou. En effet, un groupe de membres du parti socialiste au parlement a demandé jeudi un débat complet sur les mesures d'austérité et les privatisations.
Un autre facteur d'incertitude concernant ce nouveau renflouement est la position du FMI, qui n'a pas fait de commentaires sur l'accord de principe de la zone euro pour le sauvetage. Des représentants du FMI avaient fait savoir la semaine dernière que le Fonds ne verserait pas sa part de la dernière tranche du renflouement actuel à la Grèce à moins que le pays ne revienne sur les marchés en 2012. La position du FMI a contraint les gouvernements de la zone euro à proposer un plan de financement plus large.
Comme l'a souligné Moody's dans sa déclaration, un second sauvetage a peu de chances d'apaiser les craintes quant à une restructuration forcée de la dette grecque qui s'élevait à près de 150 % du produit intérieur brut à la fin de l'année dernière et continuait de grimper.
Une des principales craintes des investisseurs est qu'une restructuration ait des répercutions sur les autres pays endettés de la zone euro, notamment l'Espagne, une des plus grandes économies de l'Union.
Toutefois, l'Espagne a facilement adjugé jeudi (2 juin) pour 3,95 milliards d'euros d'obligations, ce qui sous-entend que les investisseurs considèrent encore ce pays comme fondamentalement plus solide que les pays qui ont été renfloués.
EURACTIV avec Reuters
Article traduit de l'anglais par EURACTIV