Accord de partage de pouvoir entre Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev
Lors d'un congrès du parti Russie unie le 24 septembre, le président russe, Dmitri Medvedev, a accepté de mener la liste du parti pour les élections législatives du 4 décembre afin de devenir le prochain premier ministre et a déclenché un tonnerre d'applaudissements en proposant à Vladimir Poutine, actuel premier ministre, de se présenter aux élections présidentielles de mars 2012.
Lors d'un congrès du parti Russie unie le 24 septembre, le président russe, Dmitri Medvedev, a accepté de mener la liste du parti pour les élections législatives du 4 décembre afin de devenir le prochain premier ministre et a déclenché un tonnerre d'applaudissements en proposant à Vladimir Poutine, actuel premier ministre, de se présenter aux élections présidentielles de mars 2012.
C'est sous un tonnerre d'applaudissements que Vladimir Poutine a « accepté » la proposition de Dmitri Medvedev de se présenter aux présidentielles. Il pourrait maintenant exercer deux mandats supplémentaires de six ans chacun et il pourrait donc être au pouvoir en tant que président jusqu'en 2024.
Pour sa part, M. Medvedev a accepté de conduire la liste des candidats de Russie unie pour aider le parti à conserver une majorité des deux tiers à la chambre basse et ainsi se préparer à occuper le poste de premier ministre.
Selon les analystes, M. Medvedev n'est pas parvenu à sortir de l'ombre de M. Poutine depuis qu'ils se partagent le pouvoir. En revanche, en dix ans de pouvoir, M. Poutine a su cultiver son image de dirigeant dynamique et sa politique – visant à écraser la rébellion tchétchène, apprivoiser des hommes d'affaires immensément riches et ramener à l'ordre les régions récalcitrantes – ce qui a renforcé sa popularité auprès des Russes.
M. Poutine semble certain d'être élu président en mars prochain, mais quelques Russes se méfient de cette passation de pouvoir entre le président et le premier ministre, a expliqué Reuters. Certains déplorent que ce soit toujours ces deux hommes, ou leur garde rapprochée, qui prennent les décisions en secret.
Les détracteurs de Vladimir Poutine, qui était officier du KGB en Allemagne de l'Est, affirment qu'il fait fi des droits de l'Homme et de la démocratie et qu'il renforce le pouvoir des forces de sécurité.
De nombreux Russes s'élèvent contre ce qu'ils considèrent comme un abus de pouvoir exercé par le parti en place, Russie unie. Toutefois, une manifestation réclamant la démission de M. Poutine et de M. Medvedev, organisée à Moscou dimanche, n'a rassemblé qu'une centaine de personnes, a fait savoir la presse locale.
Un ministre des finances rebelle
Le ministre russe des finances, Alexei Koudrine, un allié de M. Poutine qui a l'ambition de devenir premier ministre, a déclaré dimanche qu'il avait des différends avec M. Medvedev et qu'il ne travaillerait pas sous son autorité dans le prochain gouvernement.
A propos de ses différends avec M. Medvedev sur l'augmentation des dépenses militaires, il a déclaré : « Je pense que ces désaccords ne me permettront pas de rejoindre ce gouvernement ».
M. Koudrine a gagné le respect des investisseurs, qui le considèrent comme un gardien de la stabilité financière du pays après qu'il a constitué un fonds d'urgence à l'aide des revenus pétroliers, ce qui a permis à la Russie de sortir de la crise économique en 2008.
Le tandem Poutine-Medvedev est une seule et même force et ceux qui sont en désaccord avec cette approche quitteront l'équipe, a déclaré dimanche Dmitri Peskov, un porte-parole de M. Poutine.