A Washington, Nicolas Sarkozy plaide pour l’Europe de la défense
Lors de son discours devant le Congrès américain, le 7 novembre, à Washington, Nicolas Sarkozy a cherché à convaincre les États-Unis de la nécessaire complémentarité entre l’OTAN et une Europe de la défense forte.
Lors de son discours devant le Congrès américain, le 7 novembre, à Washington, Nicolas Sarkozy a cherché à convaincre les États-Unis de la nécessaire complémentarité entre l’OTAN et une Europe de la défense forte.
Contexte :
L’Europe de la défense fait partie des priorités annoncées par le chef de l’État pour la Présidence française de l’Union européenne au second semestre 2008, à côté de l’environnement, de l’énergie et l’immigration (Lire notre Dossier de synthèse). Cependant, le président de la République et le gouvernement français n’ont pas encore détaillé la teneur de l’action envisagée en matière de défense européenne.
Le chef de l’État a déclaré aux sénateurs et représentants américains au Congrès que le moment était venu pour l’Union européenne de « relancer le grand chantier de ses capacités militaires » puisqu’avec l’adoption du Traité modificatif, elle venait de « sortir de dix années de débats sur ses institutions et donc de paralysie ».
Enjeux :
Une Europe de la défense s’articulant avec l’OTAN
Le renforcement de l’Alliance atlantique n’est pas incompatible avec la mise en place d’une politique européenne de défense indépendante, bien au contraire, selon Nicolas Sarkozy. Plaidant pour « une Europe de la Défense crédible et forte au sein d’une Alliance rénovée », le président de la République a longuement insisté sur ce sujet.
« Tous nos alliés, à commencer par les États-Unis, avec lesquels nous partageons le plus souvent les mêmes intérêts et les mêmes adversaires, ont un intérêt stratégique à ce que l’Europe s’affirme comme un partenaire de sécurité crédible et fort », a-t-il affirmé.
Cette complémentarité se justifie, selon Nicolas Sarkozy, par un manque de capacités militaires de réaction aux crises. Devant les ambassadeurs français, le 27 août, il avait déjà déclaré : « Il n’y a pas compétition, mais bien complémentarité, entre l’OTAN et l’Union. Face à la multiplication des crises, il n’y a pas trop plein, mais bien déficit de capacités en Europe ».
Reprenant la même idée, le chef de l’État a assuré au Congrès américain : « Il y a plus de crises que de capacités pour y faire face. L’Otan ne peut être partout. L’Union européenne doit être capable d’agir, dans les Balkans ou au Congo, demain au Soudan et au Tchad. Pour cela, les Européens doivent faire un effort accru ».
Vers un retour complet de la France dans l’OTAN ?
Si la France a quitté depuis 1966, à l’initiative du général de Gaulle, le commandement intégré de l’OTAN, elle participe aujourd’hui à la plupart des organes de l’Alliance atlantique et en est un des premiers pays contributeurs.
Devant le Congrès américain, Nicolas Sarkozy a semble-t-il laissé entendre que la France pourrait réintégrer le commandement intégré de l’Alliance atlantique. Il a cependant subordonné ce retour à un développement d’un pilier européen de défense. Le chef de l’État a en effet déclaré : « Plus l’Europe de la défense sera aboutie, plus la France sera résolue à reprendre toute sa place dans l’OTAN ».
Positions :
Au micro d’Europe 1, le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a critiqué, jeudi 8 novembre, la démarche du président Nicolas Sarkozy. Il pense que le chef de l’État français prépare un retour total de Paris dans l’Otan et estime qu’ « il n’est pas acceptable aujourd’hui que le président de la République, pas à pas, propos après propos, prépare l’opinion mais surtout prépare nos partenaires à un retour dans l’Otan ».