À Varsovie, Emmanuel Macron devrait évoquer le déploiement d’une mission de paix en Ukraine

Lors d’un entretien avec le Premier ministre polonais Donald Tusk à Varsovie jeudi 12 décembre, Emmanuel Macron devrait proposer le déploiement d’une mission européenne de maintien de la paix sur le territoire ukrainien, afin d’empêcher Moscou de violer tout éventuel accord de cessez-le-feu.

/ EURACTIV.com
French President Macron meets Polish Prime Minister Tusk in Paris
Emmanuel Macron rencontrera Donald Tusk et le président polonais Andrzej Duda ce jeudi 12 décembre. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Lors d’un entretien avec le Premier ministre polonais Donald Tusk à Varsovie jeudi 12 décembre, Emmanuel Macron devrait proposer le déploiement d’une mission européenne de maintien de la paix sur le territoire ukrainien, afin d’empêcher Moscou de violer tout éventuel accord de cessez-le-feu.

Emmanuel Macron rencontrera Donald Tusk et le président polonais Andrzej Duda ce jeudi pour revenir sur ses échanges avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et Donald Trump en marge de la cérémonie pour la réouverture de la Cathédrale de Notre-Dame de Paris le week-end dernier.

Selon le journal Rzeczpospolita, Emmanuel Macron devrait plaider en faveur de la mise en place d’une force européenne de maintien de la paix en Ukraine. Cette dernière pourrait se déployer une fois un cessez-le-feu conclu, afin de fournir à Volodymyr Zelensky des garanties de sécurité.

« L’Ukraine a besoin de garanties de sécurité, […] notre sécurité économique, notre sécurité géopolitique et l’UE », a déclaré Volodymyr Zelensky aux journalistes lundi 9 décembre.

La nouvelle proposition française diffère donc de celle avancée par le président Macron en février dernier, qui envisageait le déploiement en Ukraine d’instructeurs européens afin de former les forces de Kiev et prendre en charge les équipements militaires expédiés par l’UE. Cette idée avait été vivement critiquée par plusieurs capitales européennes, en particulier par Berlin.

Plus récemment, les États de l’UE ont commencé à discuter des options permettant de garantir un cessez-le-feu en Ukraine. Kiev semble de son côté plus ouverte à cette option.

La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de Sécurité, Kaja Kallas, a confié à Euractiv au début du mois que le soutien européen à l’Ukraine devrait rester illimité et inclure la possibilité de déployer des troupes à l’avenir, avec pour objectif de maintenir l’ambiguïté stratégique vis-à-vis de la Russie.

Kaja Kallas estime que l’Europe devrait « jouer un rôle » si un cessez-le-feu était conclu entre Kiev et Moscou, et qu’il serait nécessaire d’envoyer des troupes pour vérifier si ce dernier était respecté.

« Dans tous les cas, le choix reste entre les mains de l’Ukraine », a-t-elle ajouté.

« Jusqu’à présent, les discussions ont porté sur les pays qui seraient prêts à envoyer des soldats en Ukraine et sur ceux qui ne le seraient pas. Je pense que rien ne doit être exclu », a déclaré l’ancienne Première ministre estonienne.

La visite d’Emmanuel Macron en Pologne intervient alors que les États-Unis ont promis de réduire leur engagement en Ukraine après le retour de Donald Trump, et alors que la question de la participation des Européens dans tout accord de paix va rapidement se poser.

« Volodymyr Zelensky et l’Ukraine aimeraient conclure un accord et mettre fin à la folie », a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, après sa rencontre avec le président ukrainien et avec son homologue français le 8 décembre. « Il devrait y avoir un cessez-le-feu immédiat et les négociations devraient commencer », a-t-il ajouté.

De son côté, Donald Tusk a annoncé mardi 10 décembre que les négociations de paix pourraient débuter cet hiver, alors que Varsovie se prépare le 1er janvier à prendre la présidence tournante du Conseil de l’UE.

« Comme vous pouvez l’imaginer, notre délégation sera co-responsable, entre autres, de ce que sera le calendrier politique, et peut-être de ce que sera la situation pendant les négociations, qui pourraient, bien qu’il y ait encore un point d’interrogation, commencer pendant l’hiver », a déclaré Donald Tusk.

[Édité par Anne-Sophie Gayet et Laurent Geslin]