À l’OTAN, soutenir l’Ukraine malgré les autres crises
Le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas et les récents débats concernant la poursuite de l’aide militaire américaine à l’Ukraine font planer le suspense sur la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN qui se tiendra à Bruxelles jeudi (11 octobre).
Le déclenchement de la guerre entre le Hamas et Israël et les récents débats concernant la poursuite de l’aide militaire américaine à l’Ukraine font planer le suspense sur la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN qui se tiendra à Bruxelles jeudi (11 octobre).
Alors que la guerre de la Russie contre l’Ukraine continue de faire rage à l’Est, que les tensions entre la Serbie et le Kosovo sont toujours vives et que l’offensive de l’Azerbaïdjan dans le Haut-Karabakh n’est pas prête de s’arrêter, l’Europe est confrontée à un nouveau défi dans son voisinage suite à l’attaque lancée par le Hamas contre Israël au cours du week-end dernier.
Parallèlement, cette nouvelle menace pour la sécurité a soulevé la question de savoir si les États-Unis pouvaient rester partie prenante à de multiples conflits sans entraver leur propre capacité militaire.
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En présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky, en tant qu’invité spécial, les ministres de la Défense de l’OTAN tenteront de présenter un soutien durable à l’Ukraine, alors que la dernière série d’événements dans leur voisinage mobilise leur attention, suscitant des questions sur la forme de l’aide à long terme apportée à Kiev.
Les États-Unis promettent un « soutien continu »
Pour l’instant, la crainte que l’attention des États-Unis soit détournée d’une guerre à l’autre n’est pas un facteur de préoccupation, ont déclaré trois diplomates de l’OTAN à la veille de la réunion.
Toutefois, il serait problématique qu’Israël commence à exiger des Américains les mêmes capacités que Kiev, a souligné l’un des diplomates de l’OTAN.
« En ce qui concerne la question de savoir si le soutien des États-Unis à Israël pourrait éventuellement se faire au détriment du soutien des États-Unis à l’Ukraine, nous ne nous attendons pas à des difficultés majeures à cet égard », a assuré mardi (10 octobre) l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’OTAN, Julianne Smith.
Washington pourrait « rester concentré sur le partenariat et l’engagement pour la sécurité d’Israël tout en respectant les responsabilités et la promesse de continuer à soutenir l’Ukraine, alors qu’elle défend son territoire et protège toutes les valeurs qui nous sont chères au sein de l’alliance de l’OTAN ».
Plusieurs représentants de l’OTAN ont admis que la question serait en toile de fond de la réunion, car elle a une incidence sur le soutien à long terme apporté à Kiev.
Mais la discussion risque de s’éterniser pour les membres de l’OTAN, qui voient leurs stocks d’armes s’amenuiser.
Certains ont déjà déclaré qu’ils évaluaient le nombre de troupes et d’équipements qu’ils peuvent sacrifier et donner à l’Ukraine pendant qu’ils entreprennent une révision majeure de leurs plans de défense, a déclaré un deuxième diplomate de l’OTAN.
Les membres de l’OTAN et d’autres pays occidentaux réunis au sein du groupe de contact pour la défense de l’Ukraine devraient discuter des mesures à prendre pour inciter les industries nationales à augmenter leurs capacités de production.
Préparer l’hiver
En outre, trois personnes au fait de la question ont déclaré avant la réunion que de nouvelles mesures de soutien destinées à aider Kiev à faire face à l’hiver prochain devraient être approuvées.
La défense aérienne « en particulier sera essentielle pendant les mois d’hiver, où nous avons vu les Russes mener des attaques inconsidérées contre l’infrastructure civile, particulièrement critique, pour tenter de plonger le peuple ukrainien dans le froid et l’obscurité », a expliqué Mme Smith.
Les ministres de la Défense de l’OTAN tiendront également le premier Conseil OTAN-Ukraine au niveau des ministres, auquel participera le ministre ukrainien de la Défense, Rustem Umerov.
Les aspirations de l’Ukraine à rejoindre l’alliance militaire occidentale et le programme de réforme de Kiev, baptisé « programme annuel adapté », seront examinés.
Toutefois, les membres de l’OTAN restent divisés quant à la ligne directrice claire sur les conditions que Kiev doit remplir avant de rejoindre l’alliance militaire.
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Pour les uns, le processus devrait être guidé par des critères de référence afin d’accélérer l’adhésion, pour les autres, dont l’Allemagne, l’adhésion serait une décision purement politique.
L’attention se portera également sur la délégation turque, car la Suède attend toujours les derniers feux verts d’Ankara — et de Budapest — pour adhérer à l’OTAN en tant que membre à part entière.
« Nous pensons qu’il est temps pour la Hongrie et la Turquie d’honorer leurs engagements et d’achever le processus de ratification afin que la Suède rejoigne l’Alliance dès que possible », a déclaré Mme Smith, soutenue par d’autres membres de l’OTAN.