À Lampedusa, Ursula von der Leyen et Giorgia Meloni adoptent des approches différentes sur la question de l’immigration
Les priorités de la Première ministre italienne semblent être d’empêcher les départs ainsi que d’accélérer les retours, tandis que la présidente de la Commission souligne la nécessité de mettre en place des voies légales de migration.
À Lampedusa, les priorités de la Première ministre italienne Giorgia Meloni (Frères d’Italie, Conservateurs et Réformistes européens) semblent être d’empêcher les départs, notamment par le biais d’une mission navale européenne, ainsi que d’accélérer les retours, tandis que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen souligne la nécessité de mettre en place des voies légales et des couloirs humanitaires pour lutter contre les passeurs.
Lors d’une conférence de presse conjointe organisée lors de la visite des deux femmes politiques à Lampedusa, Giorgia Meloni est quelque peu revenue sur sa position habituelle en matière de migration. En effet, au lieu d’invoquer la souveraineté et les solutions nationales comme ce fut le cas par le passé, elle a plutôt appelé à des solutions européennes.
Ainsi, Mme Meloni a exposé sa vision d’une Europe forteresse, réaffirmant que la question n’est pas de savoir comment redistribuer les migrants au sein de l’UE, mais comment mettre un terme aux départs illégaux.
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Giorgia Meloni a également appelé à davantage d’accords avec les pays d’Afrique du Nord sur le modèle tunisien et a demandé à l’UE de soutenir le budget alloué à la Tunisie même en l’absence d’un accord entre le pays et le Fonds monétaire international (FMI).
En outre, Mme Meloni a proposé une mission navale européenne non pas pour secourir les migrants, mais pour lutter contre les passeurs et empêcher les départs. Elle a aussi appelé à une plus grande efficacité des instruments de l’UE pour les retours, ainsi qu’à une plus grande implication des Nations unies dans ce domaine. Le ministre italien des Affaires étrangères a par ailleurs annoncé qu’il placerait le sujet de l’immigration à l’ordre du jour de la prochaine Assemblée générale de l’organisation, qui aura lieu la semaine prochaine à New York.
La Première ministre d’extrême droite a profité de la conférence de presse pour annoncer que l’Italie étendrait la durée de détention des migrants à rapatrier à 18 mois, le maximum légal selon les normes européennes, et que le ministère de la Défense aiderait à la construction des installations nécessaires.
Mme von der Leyen a souligné l’excellente coopération avec l’Italie et a réaffirmé que la migration est « un défi européen qui exige des solutions européennes », fondées sur « la solidarité et l’unité ». S’exprimant en italien, elle a ajouté que « l’Italie peut compter sur l’Union européenne ».
Cependant, elle a essentiellement rejeté la vision de Giorgia Meloni.
Mme von der Leyen a proposé un plan d’action en 10 points centré sur la répression des passeurs, la gestion des migrations, la création de voies légales et de couloirs humanitaires pour protéger les migrants. Elle a appelé à l’approbation et à la mise en œuvre rapide du Pacte sur la migration et l’asile et de son plan d’action.
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[Édité Anne-Sophie Gayet]