A la tête de l’UE, les Tchèques feront pression en faveur du gazoduc Nabucco

La Présidence tchèque de l’UE fera pression pour que le projet de gazoduc Nabucco, qui vise à réduire la dépendance de l’UE au gaz russe, devienne un projet européen. C’est ce qu’a annoncé récemment le premier ministre tchèque, Mirek Topolanek.

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La Présidence tchèque de l’UE fera pression pour que le projet de gazoduc Nabucco, qui vise à réduire la dépendance de l’UE au gaz russe, devienne un projet européen. C’est ce qu’a annoncé récemment le premier ministre tchèque, Mirek Topolanek.

La République tchèque fait partie des plus grands défenseurs du projet Nabucco. La sécurité énergétique est d’ailleurs l’une des priorités du pays, qui sera à la tete de l’UE à partir du 1er janvier 2009. 

C’est une priorité absolue, a déclaré M. Topolanek, cité par le quotidien Prague Monitor. Nos partenaires ont la même vision, et nous nous sommes mis d’accord sur ce point lors de la rencontre du groupe Visegrad le 5 novembre, a-t-il ajouté. Ce groupe réunit la Pologne, la République tchèque, la Hongrie et la Slovaquie.  

M. Topolanek a également évoqué les réductions d’approvisionnement inattendues de la République tchèque en pétrole russe à l’été 2008 (EURACTIV.com 31/07/08). A cette période, la Russie avait insisté sur le fait que ce phénomène était d’origine technique. Mais certains soupçonnent une manœuvre politique liée à la décision tchèque d’accueillir un radar américain dans le cadre du système de défense antimissile des États-Unis. 

Lorsque la crise du pétrole a éclaté au mois d’août dernier, quand la Fédération de Russie a diminué l’approvisionnement 20% à 30%, il nous a semblé que l’alternative d’acheminer le pétrole par le biais des oléoducs TAL et IKL pouvait nous sauver, a indiqué M. Topolanek. 

Contrairement à un certain nombre de ses voisins d’Europe centrale et orientale, la République tchèque peut se débrouiller sans le pétrole brut russe grâce à l’oléoduc IKL. Construit dans les années 1990, il relie le pays au système allemand de pipelines d’Europe de l’Ouest. 

La Hongrie et son entreprise énergétique privée MOL ont également signalé qu’elles redoublaient d’efforts pour lancer le projet Nabucco. Si le premier ministre du pays, Ferenc Gyurcsany, a récemment qualifié le projet Nabucco de rêve lointain, il a depuis fait volte-face. M. Gyurcsany appelle désormais à la tenue d’un sommet à Budapest pour une discussion entre les États et les responsables de l’industrie des pays impliqués. Les éventuels États approvisionneurs, les pays de transit et les institutions internationales concernées pourraient également être invitées, tout comme l’UE et les États-Unis en tant que partisans politiques du projet. 

POSITIONS :

La baisse des prix de l’acier est une bonne nouvelle pour Nabucco, a indiqué récemment à Vienne Reinhard Mitschek, directeur général du projet Nabucco, cité par Bloomberg. Les prix de l’acier, des ferrailles et des tubes baissent, ce qui compense les paiements d’intérêts qui pourraient être élevés, a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que les investissements nécessaires allaient être revus l’année prochaine et qu’il pourrait y avoir de bonnes surprises. 

Le financement du projet ne devrait pas être un problème malgré la crise actuelle, a affirmé M. Mitschek. Au contraire, les banques rechignent, selon lui, à accorder des prêts à court terme et optent plutôt pour des projets d’infrastructure à long terme, tels que Nabucco. L’Azerbaïdjan sera pour commencer le principal approvisionneur, a-t-il indiqué, soulignant que par la suite, le Turkménistan, la Russie, l’Irak, l’Iran et l’Egypte pourraient rejoindre les rangs.

La Turquie continue de poser des problèmes à Nabucco, a indiqué l’analyste Vladimir Socor dans le quotidien Eurasia Daily Monitor. Selon lui, la Turquie souhaite, entre autres, obtenir 15% du gaz qui passe par son territoire pour sa propre consommation. En outre, elle demande un rabais sur le gaz provenant de l’Azerbaïdjan, a indiqué M. Socor. Selon lui, le gouvernement turc espère signer un accord intergouvernemental en janvier 2009 à Ankara, juste à temps pour que le résultat soit présenté au sommet Nabucco à Budapest.